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Titre de la section : Conférence nationale sur le Programme d'accueil 2005
Conférence nationale sur le Programme d'accueil 2005

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[ Section 3 ] Ateliers
Séance 1

Atelier 1F – Le Canada « accueille » le monde : perspectives qualitatives et quantitatives sur l’établissement de relations durables entre les nouveaux arrivants et les résidents de longue date.

Animatrice :

Sarah Dryden-Peterson, Harvard University Graduate School of Education

Résumé de l’atelier :

Cet atelier comportait un volet présentation et un volet discussion sur les possibilités de recherche en matière de politique et de programme touchant le Programme d’accueil. Il y avait deux objectifs :

  1. Présenter les résultats des études qualitatives et quantitatives sur le Programme d’accueil et les relations d’accueil, et en discuter. Ces études portent sur les questions suivantes :
    • Comment les nouveaux arrivants et les résidents de longue date comprennent-ils ce qui les motive à participer à des relations d’accueil? Comment ces motivations changent-elles en cours de route?
    • Est-ce que les relations d’accueil s’avèrent utiles pour les nouveaux arrivants et pour la société canadienne, notamment en ce qui concerne l’engagement civique, l’emploi, la force des liens ethniques, la satisfaction à l’égard de l’expérience vécue au Canada, etc.?
  2. Préparer la conception et la mise en œuvre d’une thèse qui explore les possibilités pour les programmes d’accueil en mettant l’accent sur les jeunes et les partenariats entre les familles de nouveaux arrivants et les familles de résidents de longue date. Grâce à des processus de visualisation structurés avec les participants, l’animatrice souhaite mener cette étude d’une manière qui sera utile et adaptée aux besoins de CIC, des fournisseurs de services et des communautés de nouveaux arrivants.

Contexte :

La diversité est en croissance dans de nombreux pays. La documentation sur l’intégration des immigrants brosse un portrait d’ensemble, de ce qui arrive à des peuples. Mais la théorie du capital social laisse entrevoir l’importance des relations individuelles. Et dans une société diversifiée, les relations d’intégration qui s’établissent entre individus malgré leurs différences sont particulièrement importantes. Ces liens sont les leviers dont parlait la conférencière principale Ratna Omidvar : l’argent à la banque, la référence d’emploi, etc. Cette intersection entre la documentation sur l’intégration des immigrants et la théorie du capital social est précisément « très tendance » : c’est là que se concentre le travail du Programme d’accueil depuis 20 ans.

Discussion :

  • L’une des questions dominantes de la documentation sur le capital social est donc devenue : comment et pourquoi les gens sont-ils motivés à établir des relations d’intégration? La prémisse théorique est que les sociétés aimeraient harnacher ces facteurs de motivation afin de bâtir un capital social au moyen de liens individuels à grande échelle. Les théoriciens n’ont toutefois que très peu d’occasions de se pencher sur la façon dont se produit réellement ce phénomène, car les gens ne tissent pas des liens de façon systématique.
  • Le Programme d’accueil offre aux résidents de longue date et aux nouveaux arrivants un cadre officiel pour pratiquer le comportement associationnel, lequel conduit aux relations d’intégration. Cela présente une occasion idéale de recherche universitaire sur des questions importantes sur les plans théorique et politique.

Questions de recherche

  • Les relations d’intégration s’avèrent-elles utiles pour les nouveaux arrivants et pour la société canadienne, dans la mesure où elles laissent entrevoir les résultats probables en termes d’engagement civique, d’emploi, de la force des liens ethniques et des liens d’intégration et la satisfaction à l’égard de l’expérience vécue au Canada? Cette question nous permet de vérifier si ces relations sont utiles pour prédire les résultats positifs visés.
  • Comment les nouveaux arrivants et les résidents de longue date voient-ils et décrivent-ils les raisons qui les poussent à établir des relations entre eux? Comment ces facteurs de motivation évoluent-ils en cours de route? Cette question examine le processus d’établissement de ces relations et la façon dont les participants eux-mêmes comprennent ce qui les motive à participer.

Résultats de l’étude pilote quantitative

  • L’animatrice travaille avec l’Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada (ELIC) du Centre de données de recherche de Statistique Canada. On ne dispose pour l’instant que d’une première série de données sur l’expérience vécue par les immigrants six mois après leur arrivée au Canada. En ce sens, les données sont donc limitées et les résultats préliminaires.
  • L’animatrice a fait plusieurs observations : 1) Il semble exister un lien négatif entre le fait d’être jumelé à un bénévole du Programme d’accueil et le niveau de satisfaction à l’égard de l’expérience vécue au Canada. Cela ne veut sans doute pas dire que les gens qui choisissent de participer au programme deviennent insatisfaits de leur vie au Canada, mais plutôt qu’il y ait un biais de sélection : ce sont les gens insatisfaits de leur expérience au Canada qui choisissent de participer au programme. 2) Il semble également ne pas y avoir de lien entre le jumelage avec un bénévole et la création d’autres relations d’intégration ou de liens ethniques. Cela signifie que les gens qui sont jumelés avec un bénévole ont autant de chances que les autres d’établir des relations d’intégration et des liens ethniques. Là encore, ce résultat peut être attribuable au manque de données, particulièrement en ce qui touche la période : cette série d’enquêtes a eu lieu six mois après l’arrivée des immigrants, et ces processus nécessitent sans doute beaucoup plus de temps.

Résultats de l’étude pilote qualitative

  • En collaboration avec CultureLink à Toronto, une étude qualitative modeste a été menée, soit auprès de quatre personnes formant deux partenariats.
  • Deux facteurs en particulier se sont avérés critiques pour motiver les nouveaux arrivants à adhérer au Programme d’accueil : l’accès à l’information et les liens d’amitié, particulièrement le désir d’échapper à l’isolement dans un endroit inconnu.
  • Les participants ont également parlé de développer des motifs de participation à plus grande échelle, y compris la possibilité d’accéder aux réseaux sociaux par l’entremise de leur bénévole du Programme d’accueil afin de s’intégrer encore mieux à la communauté canadienne. Comme l’a décrit madame Omidvar, le Programme d’accueil crée de nouveaux réseaux à partir du lien solide qui est créé à l’étape du jumelage individuel, auquel s’ajoutent les liens moins directs qui aident les nouveaux arrivants à progresser.

Recommandations :

Étude à grande échelle proposée

  • Volet qualitatif : suivre des partenariats sur une période de six mois au moyen d’entrevues, de groupes de discussion et d’observation; une attention serait portée aux facteurs qui ressortent de l’analyse quantitative.
  • Volet quantitatif : analyse ELIC suivie et plus détaillée afin d’y inclure les variables qui ressortent de l’étude qualitative.

Recours aux études pour permettre aux bénévoles de faire la différence souhaitée

  • La documentation sur l’assimilation des immigrants et le capital social cite les avantages de certains types de relations d’intégration, particulièrement celles qui s’insèrent dans des réseaux sociaux plus vastes. La documentation sur le capital social et l’éducation fait état de la valeur des « systèmes fermés » pour les enfants, les familles et les communautés.
  • Il serait utile pour améliorer l’éducation et l’intégration des immigrants de se pencher à la fois sur la qualité de l’éducation et sur l’intégration des immigrants par l’entremise du Programme d’accueil.
  • Recommandation : Lancer un Programme d’accueil conçu en fonction de la documentation afin d’établir des liens entre les parents dont les enfants vont à la même école. Ceci crée non seulement une « amitié » isolée, mais également un lien avec un réseau (« bâtir une nation »). Il sera important de faire l’essai de ce type d’innovation d’une manière qui puisse être évaluée au moyen d’une méthode de cas témoin ou d’expériences.

Établir un lien entre le travail universitaire et la pratique : quelles sont les questions surgissant dans le travail quotidien du bénévole auxquelles une étude pourrait répondre?

  • Quels sont les différents modèles de prestation des services d’accueil? Quels sont les objectifs? Comment sont-ils mis en œuvre?
  • Qu’est-ce qui motive les nouveaux arrivants et les bénévoles à participer au programme et comment ces facteurs de motivation peuvent-ils contribuer à l’élargissement et à la promotion du programme?
  • Quelles sont les attentes des gens lorsqu’ils décident de participer? Quel est le lien entre ces attentes et les facteurs qui motivent les gens à participer?
  • Quelles sont les caractéristiques d’un jumelage réussi? Pourquoi certains jumelages échouent-ils? Peut-on mettre au point une enquête auprès des participants qui quittent le programme?
  • Combien de temps un nouvel arrivant devrait-il être au Canada avant de devenir bénévole? Existe-t-il des directives?
  • Comment les effets du Programme d’accueil diffèrent-ils selon les besoins des nouveaux arrivants, p. ex. réfugiés, chercheurs d’emploi, etc.?
  • Comment le Programme d’accueil pourrait-il servir d’intermédiaire dans le processus de migration secondaire?
  • Comment pouvons-nous aider les partenariats à passer de la relation individuelle aux relations en réseau? Comment pourrait-on structurer des séances de groupe qui réunissent des nouveaux arrivants et des bénévoles?

Étapes suivantes :

  • Effectuer les études quantitatives et qualitatives proposées (animatrice)
  • Étudier les possibilités de mettre sur pied un Programme d’accueil à l’intention des adultes basé sur un modèle scolaire (animatrice)
  • Collaboration entre universitaires et organismes pour mettre au point une enquête auprès des participants qui quittent le programme

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