Cadre national relatif aux normes et aux services
d’établissement
Section 4
Compétences essentielles des intervenants en établissement
Le secteur des services d’établissement reconnaît
de façon générale qu’il serait bénéfique
que tous les intervenants en établissement partage un ensemble
de compétences essentielles commun. Le présent document
de discussion définit l’expression « intervenants en
établissement » de façon générique en
incluant les conseillers en établissement, les gestionnaires de
programme, les coordonnateurs du Programme d'accueil, les conseillers
en emploi et d’autres postes énumérés et catégorisés
à l'annexe
C. Chaque poste aura des compétences qui lui sont propres.
Comme mentionné à la Section
1, de plus amples discussions seraient nécessaires pour déterminer
si ces compétences essentielles devraient s’appliquer aux
moniteurs de langue.
Compétences essentielles du conseiller
en établissement
Les conséquences de l’élaboration de compétences
essentielles minimales pour les conseillers en établissement doivent
être étudiées. À l’heure actuelle, un
grand nombre d’organismes d’aide à l’établissement
n’ont pas d’augmentations salariales annuelles pour leur personnel,
et on ne connaît pas avec exactitude le pourcentage d’organismes
qui ont un fonds de perfectionnement. Si des normes minimales sont établies,
elles pourraient également susciter des attentes relatives à
des niveaux de rémunération minimaux. En outre, il pourrait
être nécessaire d’affecter des ressources à
des programmes de recyclage ou de formation dans des secteurs spécifiques
sur un échéancier établi.
Certains travaux ont été effectués pour définir
les connaissances de base ou les compétences essentielles exigées
des intervenants en établissement en général. Holmes
et Kingwell (2002) ont mis en avant les qualités personnelles et
les compétences minimales requises que les intervenants doivent
ajouter à leurs connaissances de base.
Intervenant en établissement
1. Connaissance
- Comprendre les concepts de base concernant : l’établissement,
la culture, l’organisation sociale canadienne, le multiculturalisme,
les droits de la personne, la lutte contre le racisme, ainsi que les
politiques et dispositions législatives pertinentes.
- Connaître le contexte communautaire et ses ressources ou être
capable d’acquérir des connaissances sur le sujet.
2. Compétences
- Capable de communiquer efficacement dans une langue non officielle,
au besoin.
- Capable d’établir et d’entretenir des relations
professionnelles efficaces.
- Capable de maintenir des limites professionnelles.
- Capable d’exercer sa pensée critique et d’analyser
de l’information.
- Capable de travailler de façon autonome et en équipe.
- Capable de résoudre des problèmes.
3. Attitude et qualités personnelles
- Connaît ses propres faiblesses et limites.
- Fait preuve d’esprit d’adaptation.
- Est ouvert aux différences culturelles et respectueux envers
les clients qui proviennent de milieux variés.
- Souscrit à l’éthique professionnelle.
Conseiller en établissement
Les conseillers en établissement sont le cœur de toute la
gamme de services offerts aux immigrants, et comme ils espèrent
être reconnus en tant que professionnels, il importe d’énoncer
leurs compétences essentielles. La liste suivante des compétences
est adaptée du Settlement Counsellor Competency Profile
(Division de la citoyenneté et du multiculturalisme du gouvernement
du Manitoba, 2000) :
1. Connaissance
- Connaissance des divers systèmes de la société
canadienne : immigration, santé, droit,éducation,
finances, organisation sociale, logement, emploi et maîtrise des
concepts de base liés aux droits de la personne et à la
lutte contre le racisme.
- Connaissance spécialisée : capacité
d’appliquer sa connaissance appliquée de l’expérience
des réfugiés et des immigrants, de l'incidence de la migration
et de sa réalité socio-politique; et du processus de réétablissement
et d’adaptation culturelle; capacité de trouver des ressources
communautaires pertinentes.
2. Compétences
- Professionnalisme : capacité de se conformer au code
de déontologie de la profession, de maintenir des limites saines
et de respecter la confidentialité, de gérer des tâches
et du temps par ordre de priorité, de reconnaître et de
résoudre des dilemmes éthiques, d’évaluer
des services aux clients, d’expliquer aux clients des obligations
de signalement, de dénoncer suivant les dispositions prévues
par la loi, et de participer à des activités continues
de perfectionnement.
- Aptitudes de communication en contextes interculturels :
capacité de communiquer d'une manière adaptée aux
différences culturelles et dans la langue du client, au besoin;
d’utiliser un niveau de langue approprié à la situation;
de connaître et d’utiliser un langage corporel approprié
et bonnes capacités d’écoute; de vérifier
des perceptions et l’exactitude de l'information; de lire, d’écrire
et de parler dans les langues de fonctionnement; d’obtenir des
éclaircissements au besoin; d’être en mesure de présenter
des exposés et d’animer des ateliers.
- Sensibilisation aux différences culturelles : capacité
d’interpréter des différences culturelles et d’utiliser
une approche transculturelle dans la prestation des services.
- Aptitudes à la relation d’aide : capacité
d’établir une relation avec les clients et de créer
un environnement sûr fondé sur la confiance.
- Techniques de counselling : capacité de comprendre
l'expérience du client, d’évaluer et de classer
par ordre de priorité les besoins avec le client, et d’offrir
du counselling de soutien.
- Pensée critique et analyse d’information : capacité
de comprendre des politiques et des dispositions législatives
complexes, de sélectionner de l’information pour l’orientation,
d’évaluer les ressources communautaires et d’envisager
des options avec les clients.
- Traduction et interprétation.
- Défense d’intérêts, résolution
de problèmes et médiation : capacité d’aider
les clients à présenter des revendications, d’obtenir
un traitement équitable, d’agir comme médiateur
entre le client et d’autres parties, ainsi que de faciliter la
compréhension et l’entente.
- Réseautage : capacité d’aider les clients
à entrer en contact avec des groupes religieux et ethniques,
d’organiser des loisirs et des activités sociales pour
les clients, de recruter des familles d’accueil et des bénévoles
ainsi que de jumeler les clients avec leurs hôtes, d’établir
des liens avec la collectivité et d’autres organismes en
vue de les consulter et d’effectuer les aiguillages appropriés.
- Travail de bureau : capacité d’appliquer des
compétences informatiques lorsque c’est nécessaire
pour la recherche de renseignements, la tenue de dossier, la mise à
jour de dossiers et de notes sur les cas, le courrier électronique,
ainsi que la connaissance du mode de fonctionnement des systèmes
et du matériel de bureau.
- Collaboration : volonté de travailler en équipe,
de consulter et d’échanger de l’information avec
ses collègues.
3. Attitude et qualités personnelles
- Connaît ses propres faiblesses et limites.
- Fait preuve d’esprit d’adaptation.
- Est ouvert aux différences culturelles et respectueux envers
les clients qui proviennent de milieux variés.
- Souscrit à l’éthique professionnelle et à
la mission de l’organisme.
Les compétences essentielles du facilitateur d’emploi et
de l’interprète/traducteur ont aussi été définies
au Manitoba, et ces deux profils de compétences sont joints en
annexe
A. Pour certains organismes de services d’établissement,
les fonctions particulières d’interprétation et de
traduction sont assumées par une équipe spécialisée
d’interprètes et de traducteurs agréés.
Une certaine uniformité dans la description des tâches contribuerait
autant à professionnalisation des conseillers en établissement
qu’une définition des compétences essentielles. Une
description de travail générique d'un conseiller en établissement
est fournie à l'annexe
A.
Cette annexe fournit également un modèle
d’outil d’évaluation du rendement et de plan de
perfectionnement pour aider le nombre important d’organismes qui
ont répondu au sondage et qui ne disposent pas d’outil d’évaluation
du rendement officiel.
Code de déontologie
Outre les compétences essentielles, les intervenants en établissement
devraient se conformer au code de déontologie professionnelle suggéré
ci-dessous, établi d’après celui de l’Association
du travail social du Canada (1994) et des États-Unis (1980) et
le code de déontologie de l’OCISO (2001). Il est entendu
que la conduite des professionnels est guidée par ailleurs par
leur discernement professionnel et la situation.
- Un intervenant en établissement assume sa première responsabilité
envers le client et doit par conséquent éviter ou déclarer
tout conflit d’intérêt.
- Un intervenant en établissement doit respecter la vie privée
des clients et se garder de divulguer les renseignements obtenus dans
le cadre de la prestation des services, sauf s’il y est explicitement
et adéquatement autorisé à le faire.
- Un intervenant en établissement fera le nécessaire afin
de promouvoir le plus possible l’autonomie du client.
- Un intervenant en établissement veillera à ne pas se
servir des relations qu’il entretient avec le client pour en retirer
un avantage, une gratification ou un gain personnels.
- Un intervenant en établissement doit assumer ses fonctions
et obligations professionnelles avec intégrité et objectivité.
- Un intervenant en établissement doit posséder et maintenir
une compétence et promouvoir l'excellence dans la prestation
des services d’établissement à un client.
- Un intervenant en établissement doit préconiser des
changements dans l’intérêt du client et pour le bien
général de la société.
- Un intervenant en établissement doit représenter et
promouvoir une société englobante exempte de tout racisme
et de toute forme de discrimination.
- Un intervenant en établissement doit appuyer la vision, le
but et les objectifs de l’organisation qui l’emploie.
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