Cadre national relatif aux normes et aux services
d’établissement
Section 3
Normes organisationnelles
L’élément d’imputabilité le plus débattu
par le secteur de l’établissement est la mesure du rendement
des programmes (tel que décrit plus
haut). Cependant, il est tout aussi capital d’assujettir un
organisme à des normes minimales pour garantir qu’il est
responsable, en bonne santé et capable de soutenir des programmes
efficaces à long terme.
Plusieurs catégories d’indicateurs aident à déterminer
si un organisme est responsable et s’il remplit sa mission première.
Sur le plan organisationnel, un conseil responsable approprié doit
être constitué et appuyé par des pratiques et des
politiques de saine gestion. En second lieu, il doit y avoir en place
une direction solide, accompagnée de l’infrastructure et
des pratiques nécessaires, et capable d’anticiper les nouvelles
tendances en matière de service. Troisièmement, les programmes
et les services conçus doivent répondre aux besoins des
groupes cibles et être fournis d’une manière professionnelle.
Ces indicateurs de responsabilité et de rendement doivent s’assortir
d’une part égale d’indicateurs de rendement numériques
afin d’évaluer la vitalité globale de l’entreprise,
son degré de développement et son efficacité comme
organisation.
Ces indicateurs devraient être considérés comme des
lignes directrices ou une liste de contrôle permettant aux organismes
de s’évaluer à mesure qu’ils grandissent et
prennent de la maturité compte tenu des ressources disponibles.
En effet, il serait malvenu que des critères ou des exigences strictes
soient appliqués indépendamment de la taille, de la longévité
et des ressources d’un organisme. Les conditions locales uniques
auront peut-être aussi leur importance dans l’évaluation
puisqu’un modèle universel n’a pas sa place dans ce
secteur au Canada.
L’un des enjeux critiques du secteur bénévole réside
dans la durabilité des pratiques de financement existantes pour
appuyer l’infrastructure organisationnelle. La méthode actuelle
de financement des contrats ne couvre, en général, que les
coûts supplémentaires directement liés au programme
et au personnel de première ligne et certains coûts de supervision.
(Secrétariat de l’ISB, 2002) De plus, une partie des contributions
va à l’administration et à la gestion. Mais beaucoup
d’organismes jugent insuffisant le soutien accordé au titre
des frais de gestion et d'infrastructure organisationnelle, deux éléments
essentiels d’une organisation en santé.
Vision, mission, but et objectifs
Pour satisfaire aux normes minimales, un organisme d’établissement
doit posséder une vision, une mission, un but et des objectifs
clairs. Sa conduite, ses programmes et ses activités devraient
être conformes aux objectifs ou à la mission énoncée.
Presque toutes les organisations d'aide à l’établissement
ont un processus de planification, allant du moins structuré au
processus de planification stratégique plus formel et régulier
impliquant le conseil et le personnel. Néanmoins, il importe que
les organisations demeurent souples, agiles et capables de s’adapter
à tout changement soudain éventuel. Il est certes important
de planifier à long terme, mais un organisme d’établissement
doit conserver sa capacité et sa souplesse d’adaptation aux
besoins des clients.
Gouvernance saine
Le conseil d’administration est responsable devant les bailleurs
de fonds et la collectivité, par l’entremise de ses membres.
La gouvernance constitue donc une fonction stratégique et centrale
du cadre redditionnel d’un organisme. La plupart des organismes
répondants ont prêté attention, dans différentes
mesures, aux questions de gouvernance.
L’organisation devrait avoir une mission et des objectifs clairs
ayant abouti sur des exercices de planification stratégique réunissant
les membres du conseil et le personnel. Il devrait y avoir en place des
processus et une infrastructure organisationnelle pour garantir l’imputabilité
et l’efficacité – par exemple, la transparence dans
l’utilisation des ressources pour atteindre les objectifs convenus.
Le recrutement des membres du conseil devrait se faire d’une manière
accessible et équitable, le processus choisi pouvant aller du plus
simple au plus élaboré avec comité de mise en candidature.
Dans les grandes organisations où l’établissement
est l’un de plusieurs secteurs d’activité, un comité
consultatif sur l’établissement investi d’une compétence
décisionnelle devrait être désigné comme organe
directeur des services d’établissement. Ce comité
devrait idéalement être représenté au sein
du conseil d’administration.
Le recrutement des membres du conseil débute normalement par l’examen
des compétences et de la composition existantes, ainsi que l’analyse
du profil et des compétences souhaités. Voici quelques points
importants à prendre en considération :
- la composition du conseil devrait être représentative
de la collectivité en termes de sexe, d’antécédents
ethniques et culturels et d’expériences en qualité
d’immigrants ou de réfugiés.
- les compétences devraient être recherchées afin
d’aider l’organisme à satisfaire à ses objectifs
stratégiques au cours des prochaines années et devraient,
en règle générale, couvrir des secteurs généraux
tels que les finances, le renforcement des capacités de l’organisme
et le développement des ressources, la gestion, les relations
communautaires, les ressources humaines et l’expertise juridique.
Certaines qualités fondamentales telles qu’une aptitude
à travailler en équipe et l’entregent sont nécessaires
pour tous les membres du conseil.
- Le recrutement doit être un processus transparent, assorti de
critères clairement définis et idéalement d’une
brève description de travail pour les candidats éventuels.
De façon à clarifier les attentes, une séance d’orientation
peut être organisée ou une documentation sur l’organisme
peut être mise à leur disposition. Le président
ou le directeur exécutif peut jouer un rôle actif en appuyant
les efforts de recrutement et l’orientation.
Il est courant qu’un comité de mise en candidature soit
composé de membres honorables sortants en plus des autres membres
actifs. Ce comité peut être autorisé à sélectionner
une liste de candidats pour ratification à la réunion du
conseil ou à présenter une liste de candidats à faire
élire par les membres du conseil. L’approche choisie dépend
de la maturité, de la taille et de la culture organisationnelle
de l’organisme.
Afin d’assurer un fonctionnement adéquat de l’organisme,
il est primordial d’avoir une structure bien définie, ainsi
que des rôles et des responsabilités clairs pour le conseil
d’administration, le directeur exécutif, la direction et
le personnel. Une filière hiérarchique efficace entre le
conseil d’administration, la direction et les employés est
tout aussi importante.
Un conseil responsable est comptable en bout de ligne aux bailleurs de
fonds et aux intervenants de la collectivité. Un nouveau membre
doit sentir qu’il est bienvenu dans le conseil et qu’on souhaite
l'intégrer à la culture et aux activités de l’organisation.
Un guide ou une séance d’orientation couvrant les thèmes
énumérés ci-après aidera énormément
les nouveaux élus à devenir des membres productifs du conseil
:
- rôle d'intendance et leadership du conseil, obligations de diligence
raisonnable, de loyauté et de comportement éthique;
- introduction à la mission ou au mandat de l’organisation,
au plan stratégique et aux services de l’organisme;
- structure organisationnelle;
- rapport annuel du dernier exercice;
- lignes directrices générales pour la tenue des réunions
et la prise de décisions;
- politique régissant les conflits d’intérêts;
- politique en matière de confidentialité;
- lignes directrices concernant le recrutement et le renouvellement
du conseil d’administration.
De plus, il est souhaitable que les membres du conseil signent un engagement
à se conformer aux politiques pertinentes et à se conduire
d’une manière qui sera bénéfique pour l’organisme.
Pour obtenir de plus amples renseignements sur la gouvernance, prière
de consulter le site Web de l’Institut sur la gouvernance : www.iog.ca
Gestion saine
Un organisme géré avec compétence et doté
de ressources adéquates devrait démontrer des normes minimales
dans les secteurs non liés au programme : les processus de planification,
la conformité juridique, la gestion financière et des risques,
la gestion des ressources humaines, la gestion de l’information,
la mesure et l’évaluation du rendement, ainsi que la structure
organisationnelle et les processus appropriés pour la communication
et la participation communautaire.
Gestion financière
Le conseil d’administration a notamment la responsabilité
de veiller à la viabilité financière de l’organisation.
La gestion financière fait souvent l’objet d’une vérification
soignée par les organismes d’établissement, suivant
les exigences des bailleurs de fonds ou au moyen de mécanismes
internes. Même si tous les organismes font l’objet de vérifications
annuelles effectuées par des vérificateurs externes qualifiés,
beaucoup d’organisations plus grandes ont des politiques et des
procédures qui régissent leurs opérations financières,
un comité des finances et un gestionnaire des finances.
Bon nombre d’organismes entreprennent aussi des projets de développement
des ressources. Le conseil a la responsabilité de collaborer avec
la haute direction à la prospection de nouvelles ressources financières,
mais les activités de levée de fonds de faible envergure
ou ad hoc devraient être, par souci de rentabilité, principalement
bénévoles.
En général, les opérations financières d’un
organisme d’établissement doivent respecter les principes
comptables généralement reconnus. S’il s’agit
d’un organisme de bienfaisance enregistré, il s’assurera
que ses opérations financières sont conformes à la
législation régissant les organismes de bienfaisance. Indépendamment
du budget minimum requis, des prévisions de trésorerie sont
nécessaires aux fins internes, surtout pour les organismes aux
ressources financières très limitées. Il est également
de pratique courante d’évaluer la situation financière
au moins trimestriellement.
Gestion des ressources humaines
Les organismes d’établissement devraient fonder leurs pratiques
de gestion des ressources humaines sur la législation provinciale
en matière de normes d’emploi, le Code du travail fédéral
de même que la législation fédérale et provinciale
en matière de droits de la personne. Une majorité d’organismes
répondants possède une politique sur les ressources humaines,
qui couvre notamment les heures de travail, l’embauche, la période
d’essai, les mesures disciplinaires, la procédure de règlement
des griefs et de résolution des plaintes, la procédure de
cessation d’emploi, les avantages sociaux et les vacances.
Indépendamment des dispositions législatives applicables
à l’emploi, chaque employé devrait avoir une description
de travail à jour qui précise les qualifications requises
et, idéalement, l’échelle salariale. Cependant, les
organisations plus petites ou jeunes n’ont pas toujours un fond
de perfectionnement professionnel ni d’outils d’évaluation
du rendement, et un nombre important d’organismes d’établissement
n’ont pas la capacité financière d’accorder
des hausses de salaire au mérite.
L’évaluation du rendement du personnel représente
une composante importante du cadre redditionnel d’un organisme et
sera exposée plus en détail dans une section
ultérieure. Un organisme compétent devrait avoir une
structure et un processus écrit d’évaluation du rendement.
Idéalement, une évaluation annuelle du rendement est effectuée
pour chaque membre du personnel et s’assortit d’un plan annuel
de perfectionnement. Les employés devraient également connaître
l’échelle salariale de leur poste, ainsi que les critères
et les mécanismes d’avancement.
Gestion des risques
La gestion des risques représente un autre aspect important pour
les organismes plus grands. Ils doivent se préoccuper d’assurance
des biens, de responsabilité envers le personnel, les bénévoles
et le conseil, de responsabilité civile, de sécurité
de la clientèle, de santé et sécurité au travail,
d’équipement d’urgence sur place et de procédures
d’intervention en cas de situations inhabituelles ou urgentes. Idéalement,
les organismes auront également un fonds opérationnel de
contingence afin que la prestation des services ne soit pas compromise
par des problèmes de liquidités.
Gestion de l’information
Le conseil d’administration et la direction devraient avoir en
place un système de gestion de l’information approprié
afin qu’ils puissent prendre des décisions, planifier et
contrôler les fonctions de l’organisme. Ils devraient également
conserver des données aux fins de l’évaluation des
besoins des clients, des tendances liées aux services, de l’efficacité
et de l'incidence des services, de la répartition des tâches
et de l’examen des programmes.
La gestion de l'information englobe la collecte, le dépouillement,
l’analyse et le compte rendu de données afin que les bailleurs
de fonds et les organismes d’établissement puissent planifier,
gérer et évaluer la reddition de comptes et la mesure du
rendement. Dans le cadre de la collecte de données sur les clients,
il est impératif de se conformer à la législation
relative à la protection de la vie privée et de respecter
le principe de confidentialité.
Les organismes peuvent gérer les informations plus efficacement
en exploitant davantage les technologies modernes. Ils devraient posséder
une compétence de base dans le domaine de l’utilisation des
technologies de l'information pour la gestion de l’information.
Structure organisationnelle et processus appropriés
a notion de structure organisationnelle est indissociable d’une
gestion saine. Cela comprend avoir une structure de conseil et de comité
prête à exécuter les fonctions nécessaires,
à étendre les responsabilités appropriées
aux superviseurs ou gestionnaires, la mise en place d’une communication
interne efficace et une délégation appropriée des
pouvoirs et la répartition des tâches.
Dans le but de maintenir des services efficaces, l’organisme doit
créer de vastes réseaux et communiquer avec les intervenants
et d’autres fournisseurs de services. Les activités de cet
ordre peuvent inclure le développement des services, l’action
sociale/politique impartiale, l’élaboration de politiques
et d’autres activités spécifiques à des incidents.
Tout organisme sans but lucratif doit tenir une assemblée générale
annuelle pour informer ses membres de ses activités, de sa situation
financière et de ses réussites de l’année précédente.
Certaines organisations plus grandes envoient à leurs membres et
à d’autres intéressés des bulletins.
Par ailleurs, un organisme en santé devrait maintenir une liaison
avec d’autres organismes de services sociaux, ainsi que des liens
ou une collaboration avec d’autres secteurs. Il lui serait également
bénéfique de participer aux activités de son secteur
et d’appuyer des initiatives conjointes d’action sociale qui
visent à améliorer les services, ou d’agir comme agent
de changement afin de rendre le milieu général plus favorable
aux initiatives d’établissement.
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