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L'initiative sur le secteur bénévole : Projet d'établissement

Initiatives nationales



L’accord en matière d’établissement

Partie 6 :
Le secteur de l’établissement, l’accord et les codes

La présente partie examine brièvement les défis liés à l’application des principes de l’Accord et des Codes au secteur de l’établissement et identifie les points de discussion.

On ne peut aborder les questions liées à l’administration des fonds d’établissement soulevées pour le Manitoba, la Colombie-Britannique et le Québec parce que l’Accord et les Codes ne s’appliquent qu’aux relations entre le gouvernement fédéral et le secteur bénévole et communautaire. Par contre, la discussion peut avoir lieu dans les provinces où les organismes d’établissement sont liés à d'autres ministères fédéraux.

La partie sur la méthodologie a déjà souligné que les limites en termes de temps et de ressources ont abouti sur des conclusions préliminaires uniquement et que la présente discussion doit être lue en tant que telle.

Principes de l’Accord

L’indépendance

Les informateurs clés du secteur ont parlé de ce principe plus que de tout autre principe de l’Accord.

CIC est de loin la plus importante des sources de soutien financier du secteur de l'établissement. Bien que l’ensemble du secteur bénévole et communautaire reçoive des fonds de toute une gamme de sources de financement (divers ministères du gouvernement fédéral, gouvernements provinciaux, gouvernements municipaux, Centraide, œuvres de bienfaisance), ces organismes de financement estiment généralement que l’établissement des immigrants et des réfugiés est principalement la responsabilité du gouvernement fédéral. Par conséquent, le secteur possède un accès limité aux fonds qui ne sont pas ceux du gouvernement fédéral. Dans une large mesure, le secteur n’est pas indépendant du gouvernement fédéral, car il en dépend pour assurer sa survie. D’autre part (au dire d’un membre du groupe de travail), le secteur de l’établissement est indépendant du gouvernement dans le sens où, si le financement du gouvernement fédéral lui était retiré, il trouverait les moyens de procurer des services d’établissement, même sous une forme très différente.

Dans toutes les provinces, à l’exception du Québec, du Manitoba et de la Colombie-Britannique, les organismes d’établissement des immigrants sont en relation directe avec CIC. Une relation à distance existe au Québec, au Manitoba et en Colombie-Britannique, où les gouvernements provinciaux administrent les fonds remis par le gouvernement fédéral.

La dépendance, directe ou indirecte, des organismes d’établissement à l’égard du financement de CIC, est un problème. Selon l’analyse de Shields, une telle situation était prévisible parce qu’il croit que, puisque la prestation de services sociaux est peu à peu transférée vers le troisième secteur, les organismes sans but lucratif deviennent plus que jamais maîtrisés par le recours fréquent du gouvernement aux contrats de services. Ils en viennent à être traités simplement comme des « pratiques canalisatrices pour les services publics ». Dans ce contexte, une des questions consisteà savoir si le Code de bonnes pratiques de financement aide à redresser ce déséquilibre.

Une des difficultés est qu’il n’existe aucun mécanisme par lequel le secteur peut communiquer avec le gouvernement. Il n’y a aucun organisme national, et les organismes régionaux sont irréguliers, de complètement inactifs à fort dynamiques.

Selon nos informateurs clés, la capacité des organismes communautaires à réaliser la partie financée par CIC de leur mandat dépend de la façon dont la relation entre CIC et les organismes communautaires est gérée. C’est le résultat de la capacité des gens d’intégrer le respect et de communiquer les uns avec les autres. Les informateurs clés des deux secteurs ont partagé des anecdotes concernant comment les communications avaient bien fonctionné dans certains cas et moins bien dans d’autres.

L’indépendance d’un organisme d’établissement devient très précaire lorsqu’elle repose sur la capacité de deux êtres humains à bien s’entendre. Le fait que le gouvernement du Canada ait accepté le principe de l’indépendance au sein de l’Accord revêt donc une grande importance.

Par contre, cette acceptation pose des dilemmes pour le gouvernement fédéral et le secteur de l’établissement. Si le gouvernement fédéral a besoin du secteur de l’établissement pour effectuer la prestation de services liés à sa responsabilité en matière d’immigration, il a grand intérêt à contrôler la prestation de ces mêmes services. Comment le gouvernement peut-il maintenir son intérêt et se conformer au principe de l’indépendance en même temps? D’autre part, que peut faire un organisme d’établissement placé dans une situation dans laquelle il estime son indépendance menacée?

Il est intéressant de constater que le Québec a pris une direction tout à fait différente de celle du gouvernement fédéral. La politique du Québec en matière d’action communautaire reconnaît de façon explicite le rôle des organismes de défense des droits; le Québec réoriente son financement afin de soutenir ces organismes. En effet, le gouvernement du Québec finance les organismes afin qu’ils soient en mesure de le critiquer.


Points de discussion

  • Comment peut-on corriger les déséquilibres de l’interdépendance existant entre le gouvernement et le secteur de l’établissement?
  • Est-il nécessaire de créer de nouveaux mécanismes (méthodes de résolution de différends, organismes régionaux ou nationaux)?

L’interdépendance

Les questions touchant à l’interdépendance des deux secteurs sont étroitement liées à celles de l’indépendance.

Le fait que les deux secteurs sont interdépendants est incontestable : c’est la nature même de cette interdépendance qui préoccupe les organismes d’établissement.

Les effets qu’ont eu les compressions budgétaires et la restructuration imposée sur le secteur de l’établissement démontrent clairement le déséquilibre du pouvoir de cette interdépendance. Les statistiques du droit d’établissement suggèrent que les compressions de ces dernières années ont touché toutes les provinces à l’exception de l’Ontario et du Québec. De plus, bon nombre de gouvernements provinciaux ont aussi réduit les fonds qu’ils procurent aux organismes d’établissement des immigrants. Cela a entraîné plusieurs organismes à réduire leurs services, et d’autres, de moindre envergure, à fermer leurs portes. Les organismes qui continuent à fonctionner le font dans des conditions de pression extrême, conséquence d’une combinaison de services surchargés et de financement limité.[12]

La restructuration du financement gouvernemental complique davantage la situation. La plupart des bailleurs de fonds gouvernementaux ont fait une transition du financement de base vers un financement par programme, et par conséquent, ils avantagent les organismes de grande envergure possédant davantage de ressources administratives et laissent aux autres organismes d’établissement des ressources extrêmement limitées en ce qui a trait à l’éducation communautaire, à l’estimation des besoins, à la planification de programmes et à la défense des droits.

Les conséquences des compressions budgétaires et de la restructuration imposée illustrent l’argument de Shields au sujet du contrôle exercé par le gouvernement sur le secteur bénévole et communautaire par le truchement d’accords contractuels. Un secteur viable à long terme bénéficiant d’un financement de base diversifié ne serait pas soumis au même contrôle.

Le dialogue

Tout le monde admet que le dialogue entre les deux secteurs est d’une importance primordiale. Compte tenu des questions soulevées ci-dessus, la mise en œuvre complète de l’Accord et des Codes exigera un dialogue soutenu. Cependant, avant que le gouvernement et le secteur de l’établissement puissent commencer, des structures doivent être mises en place pour maintenir le dialogue.

Dans certaines provinces, des tables rondes ou des comités réunissent des représentants du secteur de l’établissement, du gouvernement fédéral et d’autres intervenants afin de discuter régulièrement des sujets de préoccupation. Voici quelques exemples :

  • Le BC/Yukon Advisory Committee réunit des individus, dont des représentants de CIC, des organismes d’établissement de chaque région de la province, des services juridiques, des réfugiés, du service des admissions, de la police, de la ville de Vancouver ainsi que des secteurs du travail, de la santé, des affaires et de l’éducation. Ce comité se rencontre tous les trimestres et tient une sorte de rassemblement annuel dans les quatre régions géographiques de la province. Le gouvernement provincial n’est pas représenté. Le but de ce comité est de favoriser les rétroactions entre CIC et les secteurs de la collectivité qui s’occupent des questions liées à l’établissement et à l’immigration.
  • L’Affiliation of Multicultural Societies and Service Agencies (AMSSA) en Colombie - Britannique possède un Immigrant Integration Coordinating Committee (IICC) doté d’une base régionale solide dans toute la province. Les informations concernant les réunions régionales ordinaires sont acheminées à l’IICC. Les sujets de préoccupation sont proposés par l’IICC et transmis au gouvernement par le truchement de l’AMSSA.
  • La table ronde de l’Alberta comprend, entre autres, des représentants de CIC, de Patrimoine canadien, du gouvernement provincial, de la ville de Calgary et de tous les organismes d'établissement. Ce groupe se rencontre deux jours par an. Seuls les représentants des organismes d’établissement se réunissent le premier jour; toutes les parties se réunissent le deuxième jour.
  • Le Regina and Region Community Advisory Committee de la Saskatchewan se réunit quatre fois l’an. Ce comité est composé de responsables de CIC, d’organismes d’établissement, du ministère de la Santé, de Metropolis, du gouvernement provincial, de la police, de la Regina Refugee Coalition ainsi que d’un représentant des nouveaux arrivants. Ils ont discuté de la possibilité de tenir un symposium pour le milieu des affaires.

Le Manitoba Settlement Group coordonnée par la province se réunit quatre fois par an. Il comprend des représentants de CIC, du gouvernement provincial et des organismes d’établissement ainsi que l’agent des relations raciales de Winnipeg. Ce groupe se réunit pour partager des informations et résoudre les problèmes.

Les groupes comme ceux-ci sont importants pour maintenir le dialogue.

Les limites de temps et de ressources et le manque de disponibilité des participants clés rendent impossible que le groupe de travail interroge qui que ce soit de l’Ontario.


Points de discussion

  • Comment peut-on maintenir le dialogue dans l’ensemble du pays?
  • Y a-t-il une place pour les organismes d’établissement nationaux ou régionaux dans ce dialogue?

La coopération et la collaboration

Le dialogue permet de développer la coopération et la collaboration, et les tables rondes et les comités décrits ci-dessus constituent d’excellents moyens pour y parvenir.

Par ailleurs, bon nombre de répondants croient qu’il existe une collaboration et une coopération importantes à l’échelle locale malgré les contraintes de structure interne liées au fonctionnement des ministères du gouvernement et les ressources limitées des organismes d’établissement.

Le défi inhérent à cette ambiance de coopération et de collaboration apparaît clairement lorsque la rigidité de la bureaucratie et les allocations de fonds annuelles fixes de CIC empêchent les organismes de répondre aux besoins des nouveaux arrivants ou entravent l’administration de l’organisme. Les personnes concernées, tant de CIC que de l’organisme, peuvent alors se sentir frustrées par ce manque de flexibilité./p>

Voici un exemple classique qui a été souvent décrit par des informateurs clés des deux secteurs : la situation qui fait que les ententes de contribution ne sont pas signées, et ce, bien au-delà du 31 mars, et que les organismes sont laissés en suspens.

Certaines réactions suscitées par ce genre de situation donnent l’air aux organismes de répondre de manière agressive – certains peuvent véritablement répondre de manière agressive. Les employés de CIC peuvent également paraître non disposés à aider l’organisme et à le guider vers la personne compétente du niveau suivant (gestionnaire, bureau régional), personne avec laquelle il pourrait discuter de la situation. Cela peut également être une réalité.

Afin d’actualiser le principe de collaboration et de coopération, il est nécessaire d’aborder les questions systémiques au sein du gouvernement (par exemple, élaborer les budgets plus tôt dans l’année). Il sera tout aussi important de mettre au point des mécanismes pour permettre d’aborder ces questions lorsqu’elles deviennent des sujets de discorde.


Points de discussion (pour faciliter la coopération et la collaboration)

  • Quelles questions systémiques doivent être résolues?
  • De quelle manière les défis liés aux questions systémiques non résolues peuvent-ils être solutionnés?
  • Un mécanisme de règlement des différends devrait-il être créé?

La responsabilité envers les Canadiens et les Canadiennes

La question de la responsabilité est complexe. Tous sont d’accord que la responsabilité est, en principe, importante. Pourtant, des questions demeurent quant à savoir qui définit les responsabilités, de quelle manière elles sont mesurées et qui doit payer pour le processus d’évaluation.

Le secteur de l’établissement est préoccupé par la quantité de ressources allouées aux structures de responsabilité telles que définies par le gouvernement, par opposition à celles définies par le secteur. Aucun répondant ne s’est rendu aussi loin qu’Omidvar et Richmond[13] qui ont fait valoir que l’imposition de mécanismes d’évaluation des organismes de services aux immigrants, comme partie intégrante des nouvelles ententes de contribution, ne sont : « rien de plus que des mécanismes administratifs visant à maintenir le contrôle étatique des fournisseurs de services d’une tierce partie (et du troisième secteur). » Chambon et Richmond (2001)

Les répondants ont aussi déclaré que bien qu’il soit facile pour le gouvernement fédéral d’exiger la responsabilité, il est presque impossible de tenir les ministères du gouvernement fédéral responsables. Certains informateurs croient qu’il devrait y avoir un mécanisme de règlement des différends ou un ombudsman.


Points de discussion

  • Comment le secteur de l’établissement peut-il mettre à l’ordre du jour les questions concernant sa responsabilité?
  • De quelle manière le secteur de l’établissement peut-il tenir les ministères fédéraux responsables?
  • Quel mécanisme devrait-on élaborer afin de résoudre les différends ou les plaintes provenant de l’une ou de l’autre des parties?

Principes du Code de bonnes pratiques de financement

La valeur du secteur bénévole et communautaire

Il est possible d’alléguer que le secteur de l’établissement se situe en marge du secteur bénévole et communautaire. Il possède une somme de connaissances professionnelles, mais ce fait n’est pas bien reconnu. La croyance selon laquelle « quiconque » - en particulier « quiconque provenant d’un même environnement ethnoculturel et linguistique » - peut aider les immigrants à s’établir persiste. Les membres d’un même environnement linguistique et d’une même famille se font régulièrement demander de faire de l’interprétation, bien que cela constitue une violation des droits de la protection des renseignements personnels des nouveaux arrivants et témoigne d’un manque de compréhension des problèmes techniques et de déontologie impliqués dans l’interprétation. Le manque de valeur attaché à l’expertise technique et professionnelle, nécessaire au bon travail d’établissement, contribue à la sous-évaluation du secteur de l’établissement.

Certaines mesures sont prises afin de régler cette situation. La BC Settlement and Immigrant Worker Association (BCSIWA), par exemple, a été créée en vue de constituer une association professionnelle des travailleurs de l'établissement.

Un autre facteur sous-jacent de la sous-évaluation du secteur de l’établissement est la sousestimation des clients mêmes du secteur. Les nouveaux arrivants sont sujets au racisme, à la discrimination systémique et à la sous-évaluation en qualité de main-d’œuvre. En réalité, le secteur de l’établissement pourrait s’avérer le seul secteur où le statut économique est en déclin en raison de la sous-évaluation et de la sous-utilisation constantes de l’expertise et des compétences des immigrants.

La faible valeur attachée au secteur de l’établissement se reflète dans ses échelles de rémunération, qui sont moins élevées que dans le reste du secteur bénévole et communautaire.


Point de discussion

  • Qu’est-ce qui peut être fait pour augmenter la reconnaissance de la valeur du travail du secteur de l’établissement?

Capacités renforcées et durables

Le renforcement des capacités et la viabilité à long terme sont des questions majeures du secteur de l’établissement, en particulier pour les organismes de moindre envergure.

Comme mentionné ci-dessus, le secteur de l’établissement dépend en grande partie du gouvernement fédéral, particulièrement de CIC. Cette situation n’est pas seulement frustrante pour le secteur de l’établissement; elle constitue également un enjeu pour les ministères fédéraux. Un informateur clé de CIC a déclaré qu’ils ne pouvaient pas « tous les satisfaire ». CIC souhaite que le secteur de l’établissement diversifie son financement de base afin d’assurer sa viabilité.

Certaines personnes du secteur de l’établissement croient qu’il incombe au gouvernement fédéral de financer entièrement les services aux nouveaux arrivants. D’autres croient qu’il est approprié d’envisager des stratégies de financement novatrices.

Selon le Code, le secteur bénévole et communautaire s’engage à investir dans le développement des ressources humaines et organisationnelles ainsi qu’à élaborer une base de financement diversifiée. Afin de poursuivre cet engagement, le secteur de l’établissement aura besoin d’une aide supplémentaire pour l’élaboration de stratégies et de plans financiers et pour la mise en œuvre de ces derniers. Pour y parvenir, il faut un processus de transition s’échelonnant sur bon nombre d’années. Il est intéressant de constater que, selon le Framework of Partnership between Government and the Black and Minority Ethnic Voluntary and Community Sector[14], au Royaume-Uni, le gouvernement s’engage à « considérer la possibilité de réserver des fonds supplémentaires pour des organismes regroupant des Noirs et des membres des minorités ethniques dans le but de renforcer leur capacité, de préparer des projets et de les réaliser.»


Point de discussion

  • De quelle manière le secteur de l’établissement peut-il renforcer ses capacités et devenir viable?
  • Quelles stratégies de financement novatrices peuveut être élaborées?
  • Quelle est l’aide transitionnelle nécessaire?
  • Quel rôle le gouvernement fédéral peut-il jouer pour soutenir ce processus?

La coopération et la collaboration

Le principe de coopération et de collaboration a été traité à la partie 3. Par contre, en vertu du principe de coopération et de collaboration du Code des bonnes pratiques de financement, le gouvernement s’engage à « solliciter et [à] tenir compte des points de vue du secteur bénévole et communautaire sur de meilleures façons de répondre aux besoins courants et nouveaux, par l’entremise de programmes de financement.»

Il a déjà été mentionné ci-dessus qu'il n'existe pas de mécanisme de consultation universelle pour le secteur de l’établissement, et le processus de consultation varie pour chaque province. Dès lors, une question se pose lorsque le gouvernement réalise son engagement : à qui s’adresse-t-il?

Dans le but d’avoir un dialogue efficace avec le gouvernement au sujet du financement, le secteur doit élaborer un mécanisme par lequel les préoccupations du secteur sont sollicitées, synthétisées, communiquées et négociées; un mécanisme qui permette au secteur de répondre lorsqu’il est approché par le gouvernement.


Point de discussion

  • Quel mécanisme peut être utilisé pour les discussions entre le secteur de l’établissement et le gouvernement fédéral en ce qui a trait aux questions de financement?

L’innovation

On peut considérer que le secteur de l’établissement est l’une des sections les plus novatrices du secteur bénévole et communautaire. En raison des besoins des nouveaux arrivants, particulièrement ceux des réfugiés, qui, souvent, varient et diffèrent, les organismes doivent pouvoir changer leur prestation de services rapidement et assez souvent pour s’adapter aux nouveaux besoins des clients.

D’autre part, en règle générale, le secteur n’a pas été très innovateur dans le domaine du financement. Le besoin d’innover dans ce domaine a été abordé précédemment sous Capacités renforcées et durables.

La diversité et l’accès équitable

Ce principe risque d’être perçu comme s’appliquant principalement aux quatre groupes visés par l’équité en matière d’emploi : les populations autochtones, les minorités visibles, les femmes et les personnes handicapées. Bien qu’il existe des organismes d’établissement des immigrants qui servent les minorités visibles et les femmes, les besoins du secteur ne sont pas forcément les mêmes que ceux des groupes visés par l’équité en matière d’emploi.

Le fait de clairement communiquer des besoins en matière d’équité du secteur de l’établissement pourrait s’avérer utile au gouvernement afin qu’il puisse poursuivre son engagement à « s’efforcer d’offrir aux organismes qui ont de la difficulté un accès équitable aux programmes finances.»


Point de discussion

  • De quelle manière le secteur communique-t-il au gouvernement fédéral les besoins en matière d’équité du secteur de l’établissement?

La responsabilisation

Certains des éléments de la responsabilisation ont déjà été traités à la partie 3.

Selon le Code de bonnes pratiques de financement, les responsables du secteur de l’établissement conviennent essentiellement d’entreprendre une gestion financière saine et une campagne de financement conforme à l’éthique. De son côté, le gouvernement s’engage à donner aux normes et aux procédures « la souplesse nécessaire pour tenir compte d’une variété d'approches et de la capacité limitée des petits organisms. » Ayant pour conséquence des procédures de responsabilisation financière mieux adaptées à la taille et aux subtilités de chaque organisme

d’établissement, cet engagement aidera les organismes d’établissement de moindre envergure.

La transparence et la cohérence

Les engagements pris par le gouvernement fédéral en vertu de ce principe ont essentiellement pour but d’harmoniser les processus de financement au sein du gouvernement et de les rendre plus compréhensibles et réalistes. Le secteur s’engage à être ouvert et transparent, et à collaborer à des examens externes.

L’efficience et l’efficacité

Les engagements pris en vertu de ces principes devraient être bien reçus par le secteur de l’établissement. Ces engagements sont pris essentiellement dans le but de simplifier et de rationaliser les processus de financement. Le gouvernement tient également à reconnaître les coûts engagés par les organismes du secteur bénévole et communautaire pour veiller à la surveillance et à l’évaluation.

Le problème des délais en ce qui concerne la signature d’ententes de contribution a été abordée précédemment. Dans l’esprit du Code de bonnes pratiques de financement, ces délais ne devraient plus survenir.


Point de discussion

  • Si un accord en matière de contribution n’est pas signé en temps opportun, l’Accord et les Codes fournissent-ils un cadre de travail pour aborder cette préoccupation?

Code de bonnes pratiques pour le dialogue sur les politiques

Le Code de bonnes pratiques pour le dialogue sur les politiques stipule que le gouvernement du Canada conférera avec le secteur bénévole et communautaire à toutes les étapes du processus des politiques publiques : la détermination des enjeux, l’établissement du programme, la conception de la politique, la mise en œuvre, la surveillance et l’évaluation des répercussions.

Le Code prévoit un environnement d’apprentissage continu et d’amélioration constante, où les secteurs travaillent de concert pour faciliter le dialogue sur les politiques.

Le plus grand défi du secteur de l’établissement en cette matière est le temps que prend le dialogue sur les politiques. Lorsqu’il y a peu ou aucun financement de base, les directeurs généraux et les autres sont poussés au-delà de leurs capacités, et ils ne peuvent pas facilement prendre le temps de participer au dialogue sur les politiques. Le gouvernement, pour sa part, ne s’est aucunement engagéà fournir des fonds supplémentaires pour permettre la participation des organismes du secteur bénévole et communautaire. Par conséquent, seuls les organismes de grande envergure participeront aux dialogues sur les politiques.

Cela constitue un double défi. D’abord, les organismes d’établissement doivent développer leur capacité à participer de manière significative au dialogue sur les politiques. Ensuite, un cadre doit être en place en vue d’un dialogue soutenu sur les politiques.

Le secteur de l’établissement se plaint, entre autres, que les organismes n’ont parfois pas accès aux versions définitives des rapports des processus de consultation dans lesquels ils ont investi beaucoup de temps. Selon le Code de bonnes pratiques pour le dialogue sur les politiques, le gouvernement s’engage à ce que les versions définitives des rapports soient accessibles à toutes les personnes qui participent au processus d’élaboration de la politique afin qu’elles sachent comment leur participation a servi et comment elle a pu affecter les propositions ou les décisions du gouvernement fédéral. Cela amènera une importante contribution à l’élaboration d’un environnement d'apprentissage où règne le respect. Une telle rétroaction peut se faire par le truchement d’un quelconque mécanisme élaboré.


Point de discussion

  • De quelle manière le secteur de l’établissement trouvera-t-il des ressources pour renforcer ses capacités à débattre de l’élaboration des politiques?
  • Quel cadre de dialogue serait le plus utile?

Les nouveaux thèmes

En résumé, un bon nombre de thèmes sont apparus, y compris les suivants :

  • En raison des relations contractuelles entre les organismes d’établissement et le gouvernement fédéral, comment les principes d’indépendance et d’interdépendance peuvent-ils être maintenus?
  • Quelles questions systémiques doivent être abordées au gouvernement?
  • De quelle manière le secteur de l’établissement peut-il ajouter ses questions de responsabilisation au programme?
  • Comment le secteur de l’établissement peut-il tenir les ministères fédéraux responsables ?
  • Quelles stratégies de financement novatrices peuvent être élaborées?
  • L’aide de transition est-elle nécessaire?
  • Quel rôle le gouvernement fédéral peut-il jouer dans ce processus?
  • De quelle manière le secteur de l’établissement peut-il exprimer ses besoins en matière d’équité?

Un mécanisme ou un cadre pour le dialogue, la rétroaction et le règlement des différends sera utile, pour aborder ces thèmes. Cependant, un problème restant - comment augmenter la reconnaissance de la valeur du travail accompli par les organismes d’établissement – est peut-être une question de savoir comment communiquer cette valeur au grand public.

Le contrôle exercé sur les organismes d’établissement à la suite de leurs ententes contractuelles avec le gouvernement fédéral se pose comme enjeu à la mise en œuvre des principes de l’Accord et des Codes de bonnes pratiques. D’un côté, l’Accord et les Codes peuvent être considérés comme une tentative du gouvernement de s’assurer que le secteur bénévole et communautaire peut continuer de remplir ses fonctions traditionnelles de prestation de services à la communauté, de défense des causes et de recherche. D’autre part, la relation contractuelle impose de graves contraintes sur la capacité du secteur à remplir ces fonctions.

Ce dilemme peut possiblement, du moins en partie, être résolu au moyen de l’élaboration et de la mise en oeuvre d'un mécanisme ou d’un cadre de dialogue, de rétroaction et de règlement des différends.

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[12] Omidvar, R. et T. Richmond (2003), Immigrant Settlement and Social Inclusion in Canada. Laidlaw Foundation [Internet]. www.laidlawfdn.org (Children’s Agenda/Working Papers Series on Social Inclusion) [le 19 mars 2003]. Retour

[13] Omidvar, R. et T. Richmond (2003), Immigrant Settlement and Social Inclusion in Canada. Laidlaw Foundation [Internet]. www.laidlawfdn.org (Children’s Agenda/Working Papers Series on Social Inclusion) [le 19 mars 2003]. Retour

[14] Government of UK, (1998) Framework of Partnership between Government and the Black and Minority Ethnic voluntary and community sector [Internet] http://www.homeoffice.gov.uk/acu/bmecompfwork.htm [30 mars 2003]. [actuellement disponible via http://www.homeoffice.gov.uk/ comrace/active/compact/index.html] Retour