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L'initiative sur le secteur bénévole : Projet d'établissement

Initiatives nationales



L’accord en matière d’établissement

Partie 3 :
Définition du secteur de l’établissement

Définition d’établissement

Une définition généralement acceptée du terme « établissement » et utilisée par le secteur de l’établissement est « un processus à long terme, dynamique et à deux sens, par lequel les immigrants atteindraient idéalement la pleine égalité et la liberté de prendre part à la société alors que celle-ci bénéficierait du potentiel des ressources humaines qu’offrent ses communautés d’immigrants. »[2]

Le processus d’établissement se poursuit tout au long de la vie de l’immigrant et se prolonge souvent dans la deuxième génération. Goss Gilroy[3] dégage trois phases distinctes de l’intégration d’un nouvel arrivant :

  • l’établissement se définit comme la satisfaction des besoins fondamentaux des nouveaux arrivants, y compris le logement, la nourriture, l’inscription des enfants à l’école, l’inscriptionà des cours de langue, l’accès à des services généraux offerts à l’ensemble de la population avec l’aide de fournisseurs de services ainsi que la compréhension des droits fondamentaux et des responsabilités de base;
  • l’adaptation fait référence à l’étape suivante du processus et se caractérise par la capacité d’un immigrant de tirer partie de l’établissement – c’est-à-dire être en mesure d’accéder de façon indépendante aux services offerts à l’ensemble de la population, de comprendre les normes sociales et culturelles canadiennes, d’améliorer ses capacités langagières, d’établir des contacts, de nouer des amitiés dans la collectivité et de réévaluer ses buts personnels;
  • l’intégration désigne le but final du processus, l’étape à laquelle les immigrants agissent comme des membres à part entière de la société canadienne. Ils ont, entre autres, trouvé et gardé un emploi adapté à leurs compétences et leurs antécédents, ils participent à des organismes grand public, ils offrent une partie de leur temps à la collectivité, ils se sentent à l’aise avec les valeurs canadiennes et ils participent au processus politique (p. ex. voter, se porter candidat. etc.).

Définition du secteur des services d’établissement

Les services d’établissement ont pour but de faciliter le bon établissement et l’intégration réussie des immigrants et des réfugiés aux secteurs économique, social, culturel et politique de la vie canadienne.

Le gouvernement fédéral a la principale responsabilité « durable » de veiller à ce que les services d’établissement soient accessibles à tous les immigrants et réfugiés. Cependant, en 1998, les gouvernements du Manitoba et la Colombie-Britannique ont signé des accords de réalignement avec le gouvernement fédéral et administrent maintenant les services d’établissement de leur province.

Quel que soit le niveau de gouvernement qui administre les programmes, la capacité de mettre en œuvre ces services dépend de la responsabilité partagée des gouvernements et des autres secteurs de la collectivité. Par exemple, les gouvernements passent des contrats avec des organismes de services aux immigrants, des organismes « grand public », des institutions publiques telles que les collèges et des sociétés privées.

Il y a un débat sur la description précise du secteur des services d’établissement.

Un aspect du débat est axé sur les connaissances spécialisées requises pour qu’un programme soit légitimement considéré comme un service d’établissement. Certains définissent le secteur de l’établissement de façon étroite, en disant qu’il s’agit de services offerts par les personnes ayant des connaissances très spécialisées des processus de l’établissement, de l’adaptation et de l’intégration. Ces services sont principalement offerts par des organismes de services d’établissement. D’autres décrivent le secteur de l’établissement de façon élargie, en disant qu’il s’agit de services offerts par des gens qui possèdent différents degrés d’expertise. Ce point de vue comprend l’aideà l’établissement fournie dans différents cadres par les professeurs d’anglais langue seconde, les travailleurs des services à l’enfance, les conseillers scolaires et les conseillers en emploi. La British Columbia Settlement and Integration Workers Association (BCSIWA) inclut toute personne qui offre de l’aide à l’établissement, peu importe le rôle qu’elle joue et le cadre dans lequel elle le fait.

Un deuxième aspect du débat concerne la définition du secteur de l’établissement selon les organismes offrant les services. Certains observateurs limitent le secteur des services d’établissement aux organismes de services d’établissement sans but lucratif. Ils jugent que bien que les programmes offerts par les entreprises à but lucratif, les institutions publiques et les organismes « grand public» peuvent être, d’une façon, des services d’établissement, les organismes en eux-même ne font pas partie du secteur de l’établissement. D’autres croient que, peu importe l’organisme qui offre le service, toute aide à l’établissement offerte est une partie légitime du secteur de l’établissement.

Un troisième aspect du débat consiste à savoir si les services offerts par le secteur de l’établissement englobent l’établissement, l’adaptation et l’intégration (d’après les définitions de Goss Gilroy), l’établissement seulement ou l’établissement et l’adaptation. L’objectif final de l’établissement est d’aider les immigrants à utiliser les ressources de la collectivité dans la même mesure que tous les citoyens du Canada. Pour ce faire, les organismes communautaires « grand public » doiventé galement être impliqués. Ils doivent aider à recevoir les immigrants – par exemple, en offrant des programmes d’introduction rédigés en d’autres langues, en traduisant des brochures ou en proposant des services d’interprètes. Certains croient que ces services devraient être vus comme des services d’établissement et qu’ils devraient donc faire partie intégrante du secteur de l’établissement, alors que d’autres ne sont pas d’accord.

Finalement, le secteur de l’établissement peut se définir comme « les organismes avec lesquels le gouvernement passent des contrats pour fournir des services visant à aider les nouveaux arrivants ». Toutefois, les fonds qui permettent d’appuyer l’intégration des immigrants proviennent de différentes sources, telles les œuvres de bienfaisance, Centraide, les droits de services, les dons et les gouvernements provinciaux et municipaux.

Nous ne pouvons pas résoudre tous ces problèmes ici. Cependant, dans le cadre de notre discussion sur l’Accord entre le gouvernement du Canada et le secteur bénévole et communautaire ainsi que des Codes de bonnes pratiques de financement et d’élaboration de politiques, nous utilisons une définition du secteur de l’établissement fondée sur l’organisme qui offre le service. Il en est ainsi parce que l’Accord et les Codes s’appliquent seulement aux services offerts par des organismes sans but lucratif, axés sur le bénévolat. Dans la figure 1, les domaines de services ombragés sont couverts par l’Accord et les Codes de bonnes pratiques.

Figure 1 Les services d'établissement et les fournisseurs de services

Figure 1 Les services d'établissement et les fournisseurs de services

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[2] Immigrant Settlement Counselling : A Training Guide, OCASI, 1991. Retour

[3] Cadre d’évaluation du programme d’établissement et d’adaptation des immigrants, 2000. Retour