Maximiser l’établissement
Section 3
Documents de discussion :
politique sur la maximisation des activités d’établissement
en vue d’aider les immigrants à s’intégrer complètement
à la société canadienne
Le présent document examine les projets de politique sur la maximisation
des activités d’établissement au Canada. La Stratégie
d’innovation du Canada propose des moyens pour que la politique
en matière d’immigration puisse accélérer la
reconnaissance des compétences et des acquis des immigrants et
leur intégration dans la population active canadienne. Ce cadre
national simplifié éliminerait les barrières provinciales
et institutionnelles pour faire place à un environnement plus favorable
à l’intégration. La Stratégie d’innovation
propose que le gouvernement fixe le cadre général, facilite
le dialogue multilatéral, affecte des fonds à l’innovation,
tout en laissant aux communautés locales le soin de créer
et de réaliser l’innovation. Les services d’aide à
l’établissement au Canada sont après tout principalement
offerts par des organismes communautaires et sans but lucratif d’aide
aux immigrants. Ces organismes doivent subir les contraintes et respecter
les cadres de structures de financement de plus en plus complexes. Ce
document s’intéresse aux limites qu’imposent les modalités
de financement aux organismes d’aide aux immigrants à l’heure
d’innover, d’accomplir leur mission et d’offrir l’ensemble
des services d’aide à l’établissement nécessaire
pour répondre aux besoins des immigrants et maximiser les activités
d’établissement. Ce document recommande également
des changements de politique qui pourraient aboutir à une prestation
de services comparables d’un bout à l’autre du Canada.
Nous estimons que ces changements seraient propices pour les petites localités
et que toutes les régions en profiteraient, tout en augmentant
le taux d’immigration réussie chez les francophones.
Stratégie d’innovation du Canada
Une menace démographique pèse sur le besoin croissant
de main-d’œuvre hautement scolarisée et qualifiée
que le Canada doit combler pour soutenir l’économie du savoir
qui est en pleine expansion. En effet, la population active du Canada
diminue en raison du faible taux de natalité et de la population
vieillissante. Pour que le pays parvienne à augmenter sa population
active et ainsi à répondre à la demande du marché
du travail, l’immigration est essentielle. De fait, d’ici
2011, « la croissance nette de la population active au Canada sera
entièrement attribuable à l’immigration » et,
d’ici 2031, il en sera de même pour la croissance nette de
la population canadienne.[3]
Pour réussir à recruter des immigrants très instruits
et hautement qualifiés dans un marché mondial de plus en
plus concurrentiel, et à tirer profit au maximum de leurs compétences,
le Canada devra tout d’abord mieux intégrer les immigrants
au marché du travail. Malgré le fait qu’ils soient,
en moyenne, plus instruits que leurs homologues canadiens, les immigrants
récemment arrivés doivent faire face à un écart
grandissant entre leurs taux d’emploi et leurs niveaux de revenu
et ceux de leurs homologues canadiens [4].
Il est donc primordial d’augmenter le niveau d’immigration
et de mieux intégrer les compétences des immigrants au marché
du travail pour que la Stratégie d’innovation du Canada soit
une réussite.
Le savoir, clé de notre avenir indique que les principaux facteurs
déterminants de l’intégration fructueuse des immigrants
sont :
- Une bonne connaissance de la langue permettant de prendre sa place
sur le marché du travail
- Un haut niveau de scolarité
- Des liens antérieurs avec le Canada (travail ou études
au Canada par le passé)
- La reconnaissance des compétences acquises à l’étranger
- L’expérience de travail au Canada
- L’attitude du grand public et des employeurs
Tout en tenant compte de ces principaux facteurs déterminants,
de nombreuses recommandations émanant de la Stratégie d’innovation
du Canada suggèrent la création d’un milieu plus propice
à la maximisation des activités d’établissement
et à une meilleure intégration des immigrants dans la société.
Le savoir, clé de notre avenir recommande d’attirer des immigrants
hautement qualifiés, d’offrir des cours de langue avancés
et d’améliorer les processus d’évaluation et
de reconnaissance des compétences et des acquis des immigrants
(avant et après leur arrivée au Canada). Nombre de facteurs
pourraient contribuer à l’intégration des travailleurs
sous-employés, qu’ils soient immigrants ou nés au
Canada, notamment une mobilité accrue grâce à une
évaluation et à une reconnaissance interprovinciale des
compétences acquises à l’extérieur du milieu
scolaire, à des programmes intégrés de préparation
à l’emploi, à une plus grande alphabétisation
et à l’apprentissage continu, en rendant les cours (y compris
la formation à temps partiel) accessibles partout et en y affectant
davantage de ressources.
Recommandations prioritaires de la Stratégie
d’innovation du Canada
En novembre 2002, de nombreux intervenants en matière de stratégie
d’innovation se sont rassemblés à l’occasion
du Sommet national sur l’innovation et l’apprentissage afin
de classer, par ordre de priorité, les recommandations de la Stratégie
d’innovation du Canada. On s’attache depuis à formuler
des stratégies pour éliminer toute forme de cloisonnement
entre les autorités gouvernementales et travailler de concert avec
les ONG et les établissements d’enseignement en vue d’adopter
des lignes de conduite proactives en matière d’immigration,
d’évaluation des compétences et de formation. Les
intervenants ont formulé des recommandations prioritaires en vue
d’éliminer les multiples barrières provinciales et
de simplifier les étapes des processus d’établissement
et d’intégration. De nombreux points de ce plan d’action
sont propices à l’établissement, notamment le développement
d’une culture de l’acquisition du savoir ouvrant la porte
à des études postsecondaires. L’élaboration
d’une stratégie axée sur l’évaluation,
que des immigrants éventuels pourraient utiliser à divers
étapes du processus aidera à évaluer leurs compétences
comme il faut et favorisera leur intégration subséquente
dans le milieu du travail ou les incitera à poursuivre leurs études
au besoin.
Au nombre des trois principales recommandations pour doter le
pays d’une main-d’œuvre diversifiée et qualifiée,
il y avait les suivantes :
Recommandation 1 : Accroître la participation des groupes sous-employés
(notamment les femmes, les jeunes, les personnes handicapées, les
minorités visibles et les Autochtones) :
- Encourager l’évaluation et la reconnaissance des acquis
au moyen de projets de collaboration des groupes professionnels afin
de tenir compte de l’apprentissage suivi et des compétences
acquises en milieu scolaire et extra-scolaire.
- Améliorer l’accès aux programmes de formation,
d’apprentissage et de stages postsecondaires pour les groupes
cibles.
- Assurer le développement des compétences d’intégration
et de réintégration professionnelle, établir un
« guichet unique » dans les collectivités locales
en vue d’augmenter la participation au marché du travail,
le perfectionnement professionnel ainsi que la préparation à
la vie active et à l’emploi.
Recommandation 3 : Élaborer un plan complet pour améliorer
le processus de reconnaissance des titres de compétences étrangers
(débuter le processus à l’étranger, coordonner
les processus d’évaluation des titres de compétences,
établir un guichet unique d’information sur les exigences
en matière de licences, établir des normes en matière
d’expérience de travail, mettre au point des ressources pour
les employeurs, etc.)
Stratégies de mise en œuvre proposées
- Avant l’arrivée des immigrants : ouvrir des « guichets
uniques » (sites Web et kiosques) où les futurs immigrants
trouveront des renseignements sur la reconnaissance des titres de compétences
étrangers.
- Conjuguer les efforts des organismes de réglementation publics,
des collèges et des universités pour définir et
faire connaître la réglementation professionnelle et les
options de mise à niveau.
- Faire en sorte que le gouvernement fédéral s’investisse
sérieusement (en collaboration avec les provinces, les territoires
et les intervenants) dans la reconnaissance des titres de compétences
étrangers, en établissant un mécanisme permettant
de définir des normes nationales en la matière.[5]
Dans ces mesures et annonces concernant la mise en œuvre de la Stratégie
d’innovation, le gouvernement du Canada s’engageait à
:
- ramener de 2010 à 2005 l’échéance de la
mise en œuvre,
- accélérer l’entrée au Canada des travailleurs
qualifiés ayant un emploi qui les attend,
- travailler en collaboration avec les partenaires pour éliminer
les obstacles à la reconnaissance des titres de compétences
étrangers,
- recruter des travailleurs qualifiés.
La coordination à l’échelle nationale des processus
d’évaluation des titres de compétences et des exigences
relatives à l’apprentissage rendra le processus d’accréditation
encore plus accessible, transparent et opportun, en plus de permettre
aux immigrants de mettre plus rapidement leurs compétences à
profit dans le marché du travail canadien. Les cours de langue
avancés, les cours de langue axés sur l’emploi, les
primes aux employeurs qui offrent des stages, l’expérience
de travail et la formation en milieu de travail sont des moyens qui aideront
à éliminer les obstacles que représentent la méconnaissance
de la langue du milieu de travail et le manque d’expérience
de travail au Canada. Ces mesures permettront également de vaincre
les obstacles et d’accélérer le processus d’évaluation
et de reconnaissance des compétences et des acquis des immigrants.
En ralliant leurs efforts, les divers paliers de gouvernement (fédéral,
provinciaux et territoriaux et municipaux) peuvent travailler avec des
intervenants des secteurs privé et bénévole et du
milieu de l’éducation à l’établissement
d’un cadre visant à améliorer les services locaux
et à permettre aux collectivités d’un bout à
l’autre du pays d’innover.
Innovation dans les collectivités locales
Le Sommet national sur l’innovation et l’apprentissage
a reconnu le besoin des collectivités locales de créer des
partenariats durables et de concevoir une innovation qui convienne à
leur situation. La ministre Stewart a insisté sur le rôle
du secteur bénévole pour ce qui est de montrer l’exemple
et de proposer des solutions en matière d’innovation et d’apprentissage.
Grant Trump, président et directeur général du Conseil
canadien des ressources humaines, a souligné que les fonds devaient
être augmentés et qu’ils devaient parvenir jusqu’aux
fournisseurs de services. Les discussions en vue de renforcer les collectivités
ont mené à la recommandation d’accorder un financement
de démarrage pour les activités mises en œuvre par
les collectivités et les initiatives locales visant à accueillir
les nouveaux immigrants et à les aider à s’intégrer.
Les organismes d’aide aux immigrants servent jouent un rôle
clé en œuvrant avec les immigrants et les collectivités
locales afin de faciliter l’établissement et l’intégration.
Ces organismes doivent jouir d’une flexibilité financière
afin de pouvoir participer aux débats en matière de politique,
nouer des partenariats fructueux avec des intervenants stratégiques
et exploiter pleinement leur potentiel en vue de concevoir des plans d’innovation
qui conviennent à leur environnement local.
Limites financières à l’innovation
et à la maximisation des activités d’établissement
La Stratégie d’innovation met l’accent sur le fait
que les collectivités doivent être investies de pouvoirs
et ne pas être limitées dans leur façon de se mobiliser
pour faire avancer les innovations locales. Malheureusement, les organismes
d’aide aux immigrants doivent fonctionner dans un environnement
financier de plus en plus complexe. Le financement inadéquat, le
financement à court terme, le caractère disparate des programmes
de financement, le manque de flexibilité dans le financement et
les rapports de pouvoirs inégaux [6],
ainsi que les nombreux rapports complexes des bailleurs de fonds et les
nombreuses exigences en matière de reddition de comptes nuisent
à la capacité des organismes d’innover et de soutenir
une gamme complète de programmes qui répondent aux besoins
en matière d’intégration des immigrants.
Grâce à des ententes de contribution avec le gouvernement,
les organismes d’aide aux immigrants, aussi appelés «
fournisseurs de service », reçoivent annuellement des fonds
pour offrir des services d’établissement particuliers à
des groupes précis d’immigrants admissibles s’étant
établis dans une collectivité locale. Mais si la demande
de services augmente, les niveaux de financement, eux, diminuent. Comme
c’est souvent le cas dans les ententes de contribution, le niveau
minimal de financement est établi sans tenir compte de l’augmentation
éventuelle des coûts de prestation. Par conséquent,
les organismes ne recouvrent pas entièrement leurs coûts
essentiels d’infrastructure et on s’attend à ce qu’ils
contribuent « en nature ». Ils doivent se procurer les ressources
nécessaires afin d’être en mesure d’élaborer
des programmes, de nouer des partenariats, de rédiger des propositions
et de négocier des fonds tout en étant confrontés
à une absence de financement de base et à des limites strictes
concernant les postes budgétaires admissibles dans le cadre des
projets.
Plutôt que d’assurer la prestation de l’ensemble des
services d’établissement au moyen d’un financement
intégré, on verse des fonds pour atteindre des objectifs
précis dans le cadre de projets à court terme. Ce financement
à court terme de plus en plus ciblé empêche les organismes
de mobiliser des fonds à l’intérieur des budgets et
partant, de répondre aux nouveaux besoins du milieu. La surveillance
accrue des projets s’est concentrée sur les dépenses
et le respect rigoureux des éléments du projet plutôt
que sur leurs résultats ou sur l’évaluation des programmes.
On ne reconnaît pas le fait que les organismes doivent faire plus
que rendre compte à une série de bailleurs de fonds –
ils sont également comptables envers leurs clients, leur conseil
d’administration, leurs partenaires et leur collectivité.
L’absence de financement pluriannuel rend difficile la planification
à long terme et augmente le temps nécessaire à la
rédaction des propositions, à la négociation des
ententes de contribution, à la conclusion des ententes, et ainsi
de suite.
Ce processus se complique davantage lorsque les organismes doivent chercher
à diversifier leur financement afin d’offrir la gamme de
programmes nécessaires pour répondre aux besoins de leurs
clients. Ils se retrouvent donc à passer un nombre anormal d’heures
à gérer des structures de financement et de rapport de plus
en plus complexes, tandis que les coûts essentiels d’infrastructure
sont considérés inadmissibles en tant que dépenses
de projet.
Désormais, les bailleurs de fonds exigent souvent que les projets
soient cofinancés et qu’ils prévoient des partenariats.
Pour faire une demande de financement, même pour un projet à
court terme, les organismes doivent tout d’abord nouer des partenariats
et rédiger des propositions séparées, mais interdépendantes.
Leur budget doit également respecter les directives, les formats
budgétaires et les structures de rapport propres à chacun
des bailleurs de fonds. Par la suite, ils doivent apporter les corrections
nécessaires à leurs propositions et les soumettre de nouveau.
Il leur est souvent difficile d’exécuter, de conclure et
d’évaluer les projets efficacement dans les délais
impartis. Le temps écoulé entre la proposition initiale
et la date réelle de signature de l’entente de contribution,
ainsi que les courts délais qui en résultent pour, entre
autres, démarrer le projet, embaucher le personnel et prendre les
inscriptions des participants, nuisent à l’exécution,
à l’achèvement et à l’évaluation
efficace du projet selon l’échéancier serré
établi. En raison de ces périodes d’attente, les organismes,
le personnel, les clients et les responsables de l’élaboration
des programmes se retrouvent dans un mode « hâtez-vous, puis
attendez » qui perdure. Les projets qui nécessitent la participation
d’un grand nombre de bailleurs de fonds sont particulièrement
vulnérables, car le refus ou le retrait d’une des sources
de financement risque de faire s’écrouler toute la chaîne
de financement.
Les conditions rigoureuses et la nature éphémère
du financement de projets à court terme de plus en plus ciblés
annulent les efforts des fournisseurs de services pour planifier et élaborer
des programmes novateurs et intégrés favorisant l’établissement
des nouveaux arrivants. De fait, les organismes d’aide aux immigrants
font plus pour la collectivité que de se contenter de dispenser
des services. Ils servent d’intermédiaires clés entre
les immigrants et l’environnement externe, c’est-à-dire
les institutions, la politique gouvernementale et l’opinion publique.
Par conséquent, ces organismes ont un rôle fondamental à
jouer à l’échelle locale dans la mise en œuvre
de la Stratégie d’innovation.
Le Conseil canadien pour les réfugiés a décrit
le rôle de ces organismes en rappelant qu’il constitue un
précieux atout, à savoir :
- Ils ont contribué à l’édification, au
soutien et à la puissance des collectivités ethnoculturelles
et continuent à travailler en partenariat avec d’autres
collectivités.
- Ils offrent une éducation, un lien, une expertise et du soutien
aux agences d’intégration, aux gouvernements et aux organismes
d’affaires et communautaires.
- Ils travaillent de pair avec les organismes d’intégration
pour fournir une expertise et des ressources additionnelles afin que
des services appropriés soient offerts aux nouveaux arrivants.
» [7]
Financement de l’ensemble des services
d’aide à l’établissement
É tant donné les limites croissantes des structures actuelles
de financement des projets, les organismes d’aide aux immigrants
ont de plus en plus de mal à préserver l’infrastructure
et à obtenir le financement pour offrir l’ensemble des programmes
d’établissement visant à aider les immigrants à
s’établir et à s’intégrer dans les collectivités
locales. Voici la liste de ces services :
- répondre aux besoins immédiats des immigrants nouvellement
arrivés,
- cours de langue (français et anglais) de base et de niveau
avancé,
- services de garde d’enfants,
- renseignements et aiguillage,
- counselling,
- orientation au Canada et dans la collectivité locale,
- services de soutien social,
- aide aux familles élargies et aux enfants,
- accès au perfectionnement professionnel,
- accès à une expérience de travail au Canada,
- préparation à l’emploi,
- ensemble d’appuis culturels et sociaux,
- réunion des familles,
- éducation du public,
- travail de lutte contre le racisme,
- développement des collectivités.
Afin de maximiser le processus d’établissement et la prestation
des services d’établissement, nous devons veiller à
ce que la mise en œuvre de l’ensemble de ces services se déroule
sans heurt. Pour faciliter la pleine intégration des immigrants
au marché du travail de leur collectivité et l’utilisation
optimale de leurs compétences, tous les services doivent être
synchronisés : renseignements et orientation à l’étranger,
traitement rapide, financement intégré pour les divers paliers
de gouvernement et, enfin, services d’aide à l’établissement
et innovations dans les collectivités. Si on laisse une plus grande
marge de manœuvre aux organismes d’aide aux immigrants sur
le plan du financement et du financement de démarrage, ils rempliront
leur rôle d’intervenants et créeront les partenariats
fructueux nécessaires à la conception et à la mise
en œuvre des innovations dans les collectivités. Ils pourront
alors offrir la formation et l’aide appropriés, ainsi que
toute une gamme de programmes, de services et de réseaux qui leur
permettront de maximiser leurs activités d’établissement
et d’aider les immigrants à bien s’intégrer
dans leur collectivité.
Recommandation :
Nous recommandons fortement qu’un financement stable à
long terme, assorti de processus de reddition de compte simplifiés,
soit garanti afin que l’ensemble des services d’établissement
soit offert.
Réunion rapide des familles
Nos clients exigent que la réunion des familles soit ajoutée
aux principaux déterminants de l’intégration réussie
des immigrants. Au cours du processus d’immigration au Canada, un
grand nombre de nouveaux arrivants ont été séparés
de leur famille, notamment des enfants d’âge mineur et des
époux et épouses. Nos clients doivent souvent livrer bataille
pendant des années pour que leur famille soit réunie. Les
longues périodes d’attente pour parvenir à réunir
une famille sont démoralisantes et retardent les processus d’établissement
et d’intégration. La réunion rapide des familles aiderait
grandement les immigrants à s’intégrer.
Recommandation :
Les processus de réunion des familles devraient être accélérés
afin de permettre l’intégration complète des immigrants.
Élaboration de programmes équivalents
en vue de garder les immigrants dans les petites collectivités
Les petites collectivités ont de la difficulté à
attirer et à fidéliser les immigrants. Pour parer à
la situation, il faudra allouer suffisamment de fonds à celles-ci
pour qu’elles soient en mesure d’offrir l’ensemble des
services d’aide à l’établissement, de même
que des programmes équivalents à ceux des régions
plus vastes, notamment la prestation des Cours de langue pour les immigrants
au Canada (CLIC/LINC) et des cours de langue pour la préparation
à l’emploi. À l’heure actuelle, selon l’endroit
au Canada, il existe de vastes écarts entre les services et les
niveaux de cours de langue offerts. Le niveau varie de 3 dans certaines
régions à 8 et plus dans d’autres. Or, puisque certains
immigrants ont besoin de suivre des cours de langue de niveau avancé,
ces inégalités ont souvent pour effet de nuire à
la stabilité des immigrants dans les petites collectivités.
En augmentant les fonds destinés à la prestation des services
d’établissement, des cours de langue de niveau avancé
et des cours de langue axés sur l’emploi, tout un groupe
de nouveaux arrivants auront la possibilité d’occuper des
postes de niveau supérieur et de parfaire leurs connaissances dans
le marché du travail canadien. Ces services auraient pour effet
d’augmenter le taux d’intégration et de stabilité
des nouveaux arrivants dans les petites collectivités.
Recommandation :
Nous recommandons fortement que des fonds soient affectés à
l’élaboration de programmes équivalents partout au
Canada, et particulièrement dans les petites collectivités,
afin qu’elles soient en mesure d’offrir des cours de langue
de niveau avancé, de préparer les immigrants à l’emploi
et de les placer sur le marché du travail au Canada.
Accroître l’efficacité de
l’immigration francophone
Les employés des organismes d’aide aux immigrants apportent
différentes connaissances sur le plan linguistique à ces
organismes. L’affectation de fonds supplémentaires aux organismes
qui ont pour mandat de fournir des services dans les deux langues officielles,
afin qu’ils puissent offrir des cours de français au personnel
en place et nouer des partenariats avec les groupes francophones minoritaires,
aurait éventuellement pour effet d’augmenter le nombre de
services d’établissement offerts en français.
Recommandation :
Nous recommandons que CIC accorde des fonds supplémentaires aux
organismes d’aide aux immigrants ayant pour mandat d’offrir
systématiquement des services dans les deux langues officielles.
Ces fonds additionnels leur permettraient de perfectionner la connaissance
du français chez leurs employés et de nouer des partenariats
avec les collectivités francophones en situation minoritaire afin
d’offrir davantage de services d’établissement en français.
En résumé, nous approuvons les recommandations prioritaires
de la Stratégie d’innovation du Canada en tant que force
dynamique servant à l’abolition des barrières provinciales
et institutionnelles en vue de bâtir un environnement davantage
favorable à l’intégration des immigrants. Il faut
davantage de ressources pour pouvoir répartir les avantages de
l’immigration d’un bout à l’autre du pays, mener
à bien la stratégie visant à attirer et à
garder les immigrants dans les petites collectivités et accroître
l’immigration francophone. Ces ressources supplémentaires
permettront aux petites collectivités d’offrir des programmes
comparables à ceux des régions plus vastes, et offrir des
cours de langue de niveau avancé, des cours de préparation
à l’emploi et la formation en milieu de travail partout au
Canada. La réunion rapide des familles est elle aussi un facteur
essentiel pour l’intégration complète des nouveaux
arrivants au Canada.
Afin de maximiser les activités d’établissement
et d’intégration, la structure actuelle de financement des
organismes d’aide aux immigrants doit être révisée.
Cette structure ne doit plus être cloisonnée en fonction
de projets à court terme; elle doit plutôt prévoir
un financement permanent, intégré, à long terme et
simplifié permettant la prestation de l’ensemble des services
d’établissement. Les ressources financières des organismes
doivent leur donner la latitude nécessaire pour qu’ils puissent
concevoir et mettre en œuvre des innovations dans les collectivités.
Ils doivent être en mesure d’offrir la formation et l’aide
appropriées, ainsi que toute une gamme de programmes, de services
et de réseaux, qui leur permettront de maximiser leurs activités
d’établissement et d’aider les immigrants à
s’intégrer complètement. Une structure de financement
flexible permettra aux organismes d’aide aux immigrants de participer
pleinement à la stratégie d’innovation. Ils pourront
alors prendre part aux débats en matière de politique, nouer
des partenariats fructueux avec des intervenants stratégiques et
exploiter pleinement leur potentiel en vue de concevoir et de mettre en
œuvre des innovations dans les collectivités, et ce, tout
en accomplissant leur mission qui est d’accroître le taux
d’intégration des immigrants.
Rapport rédigé par Lisa Bamford (Association multiculturelle
de Fredericton, Fredericton (N.-B.))
Table
des matières page
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[3] Denton, Feaver et Spencer, Direction
générale de la recherche appliquée, Développement
des ressources humaines Canada, Immigration, Labour Force and the Age
Structure of the Population, 1999. Cité dans Le savoir, clé
de notre avenir - Le perfectionnement des compétences au Canada,
Développement des ressources humaines Canada, 2002. Retour
[4] Statistique Canada, Enquête sur
la population active, 2000-2001; Citoyenneté et Immigration Canada,
Faits et chiffres, 2000. Retour
* Statistique Canada, Recensement du Canada de 1996. Cité dans
Le savoir, clé de notre avenir - Le perfectionnement des compétences
au Canada, Développement des ressources humaines Canada, 2002 –
« Il peut s’écouler jusqu’à dix ans avant
que les revenus des immigrants ayant une formation universitaire rejoignent
ceux de leurs homologues canadiens. En outre, en 1996, on observait une
différence de près de 20 points de pourcentage entre le
taux d’emploi des travailleurs nés au Canada ayant une formation
universitaire (92 p. 100) et celui des immigrants ayant aussi fait des
études universitaires (73 p. 100).
Cité dans Le savoir, clé de notre avenir - Le perfectionnement
des compétences au Canada, Développement des ressources
humaines Canada, 2002.
[5] Le gouvernement du Canada avec le Conference
Board du Canada, Sommaire du Sommet national sur l’innovation et
l’apprentissage, Industrie Canada et Ressources humaines Canada,
2002. Retour
[6] Conseil canadien pour les réfugiés,
Les meilleures pratiques en matière d’établissement.
Les Services d’établissement pour les réfugiés
et les immigrants au Canada, février 1998. Retour
[7] Conseil canadien pour les réfugiés,
Les meilleures pratiques en matière d’établissement.
Les Services d’établissement pour les réfugiés
et les immigrants au Canada, février 1998. Retour
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