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L'initiative sur le secteur bénévole : Projet d'établissement

Initiatives nationales



Maximiser l’établissement

Section 3

Documents de discussion :
politique sur la maximisation des activités d’établissement en vue d’aider les immigrants à s’intégrer complètement à la société canadienne

Le présent document examine les projets de politique sur la maximisation des activités d’établissement au Canada. La Stratégie d’innovation du Canada propose des moyens pour que la politique en matière d’immigration puisse accélérer la reconnaissance des compétences et des acquis des immigrants et leur intégration dans la population active canadienne. Ce cadre national simplifié éliminerait les barrières provinciales et institutionnelles pour faire place à un environnement plus favorable à l’intégration. La Stratégie d’innovation propose que le gouvernement fixe le cadre général, facilite le dialogue multilatéral, affecte des fonds à l’innovation, tout en laissant aux communautés locales le soin de créer et de réaliser l’innovation. Les services d’aide à l’établissement au Canada sont après tout principalement offerts par des organismes communautaires et sans but lucratif d’aide aux immigrants. Ces organismes doivent subir les contraintes et respecter les cadres de structures de financement de plus en plus complexes. Ce document s’intéresse aux limites qu’imposent les modalités de financement aux organismes d’aide aux immigrants à l’heure d’innover, d’accomplir leur mission et d’offrir l’ensemble des services d’aide à l’établissement nécessaire pour répondre aux besoins des immigrants et maximiser les activités d’établissement. Ce document recommande également des changements de politique qui pourraient aboutir à une prestation de services comparables d’un bout à l’autre du Canada. Nous estimons que ces changements seraient propices pour les petites localités et que toutes les régions en profiteraient, tout en augmentant le taux d’immigration réussie chez les francophones.

Stratégie d’innovation du Canada

Une menace démographique pèse sur le besoin croissant de main-d’œuvre hautement scolarisée et qualifiée que le Canada doit combler pour soutenir l’économie du savoir qui est en pleine expansion. En effet, la population active du Canada diminue en raison du faible taux de natalité et de la population vieillissante. Pour que le pays parvienne à augmenter sa population active et ainsi à répondre à la demande du marché du travail, l’immigration est essentielle. De fait, d’ici 2011, « la croissance nette de la population active au Canada sera entièrement attribuable à l’immigration » et, d’ici 2031, il en sera de même pour la croissance nette de la population canadienne.[3]

Pour réussir à recruter des immigrants très instruits et hautement qualifiés dans un marché mondial de plus en plus concurrentiel, et à tirer profit au maximum de leurs compétences, le Canada devra tout d’abord mieux intégrer les immigrants au marché du travail. Malgré le fait qu’ils soient, en moyenne, plus instruits que leurs homologues canadiens, les immigrants récemment arrivés doivent faire face à un écart grandissant entre leurs taux d’emploi et leurs niveaux de revenu et ceux de leurs homologues canadiens [4]. Il est donc primordial d’augmenter le niveau d’immigration et de mieux intégrer les compétences des immigrants au marché du travail pour que la Stratégie d’innovation du Canada soit une réussite.

Le savoir, clé de notre avenir indique que les principaux facteurs déterminants de l’intégration fructueuse des immigrants sont :

  • Une bonne connaissance de la langue permettant de prendre sa place sur le marché du travail
  • Un haut niveau de scolarité
  • Des liens antérieurs avec le Canada (travail ou études au Canada par le passé)
  • La reconnaissance des compétences acquises à l’étranger
  • L’expérience de travail au Canada
  • L’attitude du grand public et des employeurs

Tout en tenant compte de ces principaux facteurs déterminants, de nombreuses recommandations émanant de la Stratégie d’innovation du Canada suggèrent la création d’un milieu plus propice à la maximisation des activités d’établissement et à une meilleure intégration des immigrants dans la société. Le savoir, clé de notre avenir recommande d’attirer des immigrants hautement qualifiés, d’offrir des cours de langue avancés et d’améliorer les processus d’évaluation et de reconnaissance des compétences et des acquis des immigrants (avant et après leur arrivée au Canada). Nombre de facteurs pourraient contribuer à l’intégration des travailleurs sous-employés, qu’ils soient immigrants ou nés au Canada, notamment une mobilité accrue grâce à une évaluation et à une reconnaissance interprovinciale des compétences acquises à l’extérieur du milieu scolaire, à des programmes intégrés de préparation à l’emploi, à une plus grande alphabétisation et à l’apprentissage continu, en rendant les cours (y compris la formation à temps partiel) accessibles partout et en y affectant davantage de ressources.

Recommandations prioritaires de la Stratégie d’innovation du Canada

En novembre 2002, de nombreux intervenants en matière de stratégie d’innovation se sont rassemblés à l’occasion du Sommet national sur l’innovation et l’apprentissage afin de classer, par ordre de priorité, les recommandations de la Stratégie d’innovation du Canada. On s’attache depuis à formuler des stratégies pour éliminer toute forme de cloisonnement entre les autorités gouvernementales et travailler de concert avec les ONG et les établissements d’enseignement en vue d’adopter des lignes de conduite proactives en matière d’immigration, d’évaluation des compétences et de formation. Les intervenants ont formulé des recommandations prioritaires en vue d’éliminer les multiples barrières provinciales et de simplifier les étapes des processus d’établissement et d’intégration. De nombreux points de ce plan d’action sont propices à l’établissement, notamment le développement d’une culture de l’acquisition du savoir ouvrant la porte à des études postsecondaires. L’élaboration d’une stratégie axée sur l’évaluation, que des immigrants éventuels pourraient utiliser à divers étapes du processus aidera à évaluer leurs compétences comme il faut et favorisera leur intégration subséquente dans le milieu du travail ou les incitera à poursuivre leurs études au besoin.

Au nombre des trois principales recommandations pour doter le pays d’une main-d’œuvre diversifiée et qualifiée, il y avait les suivantes :

Recommandation 1 : Accroître la participation des groupes sous-employés (notamment les femmes, les jeunes, les personnes handicapées, les minorités visibles et les Autochtones) :

  • Encourager l’évaluation et la reconnaissance des acquis au moyen de projets de collaboration des groupes professionnels afin de tenir compte de l’apprentissage suivi et des compétences acquises en milieu scolaire et extra-scolaire.
  • Améliorer l’accès aux programmes de formation, d’apprentissage et de stages postsecondaires pour les groupes cibles.
  • Assurer le développement des compétences d’intégration et de réintégration professionnelle, établir un « guichet unique » dans les collectivités locales en vue d’augmenter la participation au marché du travail, le perfectionnement professionnel ainsi que la préparation à la vie active et à l’emploi.

Recommandation 3 : Élaborer un plan complet pour améliorer le processus de reconnaissance des titres de compétences étrangers (débuter le processus à l’étranger, coordonner les processus d’évaluation des titres de compétences, établir un guichet unique d’information sur les exigences en matière de licences, établir des normes en matière d’expérience de travail, mettre au point des ressources pour les employeurs, etc.)

Stratégies de mise en œuvre proposées

  • Avant l’arrivée des immigrants : ouvrir des « guichets uniques » (sites Web et kiosques) où les futurs immigrants trouveront des renseignements sur la reconnaissance des titres de compétences étrangers.
  • Conjuguer les efforts des organismes de réglementation publics, des collèges et des universités pour définir et faire connaître la réglementation professionnelle et les options de mise à niveau.
  • Faire en sorte que le gouvernement fédéral s’investisse sérieusement (en collaboration avec les provinces, les territoires et les intervenants) dans la reconnaissance des titres de compétences étrangers, en établissant un mécanisme permettant de définir des normes nationales en la matière.[5]

Dans ces mesures et annonces concernant la mise en œuvre de la Stratégie d’innovation, le gouvernement du Canada s’engageait à :

  • ramener de 2010 à 2005 l’échéance de la mise en œuvre,
  • accélérer l’entrée au Canada des travailleurs qualifiés ayant un emploi qui les attend,
  • travailler en collaboration avec les partenaires pour éliminer les obstacles à la reconnaissance des titres de compétences étrangers,
  • recruter des travailleurs qualifiés.

La coordination à l’échelle nationale des processus d’évaluation des titres de compétences et des exigences relatives à l’apprentissage rendra le processus d’accréditation encore plus accessible, transparent et opportun, en plus de permettre aux immigrants de mettre plus rapidement leurs compétences à profit dans le marché du travail canadien. Les cours de langue avancés, les cours de langue axés sur l’emploi, les primes aux employeurs qui offrent des stages, l’expérience de travail et la formation en milieu de travail sont des moyens qui aideront à éliminer les obstacles que représentent la méconnaissance de la langue du milieu de travail et le manque d’expérience de travail au Canada. Ces mesures permettront également de vaincre les obstacles et d’accélérer le processus d’évaluation et de reconnaissance des compétences et des acquis des immigrants.

En ralliant leurs efforts, les divers paliers de gouvernement (fédéral, provinciaux et territoriaux et municipaux) peuvent travailler avec des intervenants des secteurs privé et bénévole et du milieu de l’éducation à l’établissement d’un cadre visant à améliorer les services locaux et à permettre aux collectivités d’un bout à l’autre du pays d’innover.

Innovation dans les collectivités locales

Le Sommet national sur l’innovation et l’apprentissage a reconnu le besoin des collectivités locales de créer des partenariats durables et de concevoir une innovation qui convienne à leur situation. La ministre Stewart a insisté sur le rôle du secteur bénévole pour ce qui est de montrer l’exemple et de proposer des solutions en matière d’innovation et d’apprentissage. Grant Trump, président et directeur général du Conseil canadien des ressources humaines, a souligné que les fonds devaient être augmentés et qu’ils devaient parvenir jusqu’aux fournisseurs de services. Les discussions en vue de renforcer les collectivités ont mené à la recommandation d’accorder un financement de démarrage pour les activités mises en œuvre par les collectivités et les initiatives locales visant à accueillir les nouveaux immigrants et à les aider à s’intégrer.

Les organismes d’aide aux immigrants servent jouent un rôle clé en œuvrant avec les immigrants et les collectivités locales afin de faciliter l’établissement et l’intégration. Ces organismes doivent jouir d’une flexibilité financière afin de pouvoir participer aux débats en matière de politique, nouer des partenariats fructueux avec des intervenants stratégiques et exploiter pleinement leur potentiel en vue de concevoir des plans d’innovation qui conviennent à leur environnement local.

Limites financières à l’innovation et à la maximisation des activités d’établissement

La Stratégie d’innovation met l’accent sur le fait que les collectivités doivent être investies de pouvoirs et ne pas être limitées dans leur façon de se mobiliser pour faire avancer les innovations locales. Malheureusement, les organismes d’aide aux immigrants doivent fonctionner dans un environnement financier de plus en plus complexe. Le financement inadéquat, le financement à court terme, le caractère disparate des programmes de financement, le manque de flexibilité dans le financement et les rapports de pouvoirs inégaux [6], ainsi que les nombreux rapports complexes des bailleurs de fonds et les nombreuses exigences en matière de reddition de comptes nuisent à la capacité des organismes d’innover et de soutenir une gamme complète de programmes qui répondent aux besoins en matière d’intégration des immigrants.

Grâce à des ententes de contribution avec le gouvernement, les organismes d’aide aux immigrants, aussi appelés « fournisseurs de service », reçoivent annuellement des fonds pour offrir des services d’établissement particuliers à des groupes précis d’immigrants admissibles s’étant établis dans une collectivité locale. Mais si la demande de services augmente, les niveaux de financement, eux, diminuent. Comme c’est souvent le cas dans les ententes de contribution, le niveau minimal de financement est établi sans tenir compte de l’augmentation éventuelle des coûts de prestation. Par conséquent, les organismes ne recouvrent pas entièrement leurs coûts essentiels d’infrastructure et on s’attend à ce qu’ils contribuent « en nature ». Ils doivent se procurer les ressources nécessaires afin d’être en mesure d’élaborer des programmes, de nouer des partenariats, de rédiger des propositions et de négocier des fonds tout en étant confrontés à une absence de financement de base et à des limites strictes concernant les postes budgétaires admissibles dans le cadre des projets.

Plutôt que d’assurer la prestation de l’ensemble des services d’établissement au moyen d’un financement intégré, on verse des fonds pour atteindre des objectifs précis dans le cadre de projets à court terme. Ce financement à court terme de plus en plus ciblé empêche les organismes de mobiliser des fonds à l’intérieur des budgets et partant, de répondre aux nouveaux besoins du milieu. La surveillance accrue des projets s’est concentrée sur les dépenses et le respect rigoureux des éléments du projet plutôt que sur leurs résultats ou sur l’évaluation des programmes. On ne reconnaît pas le fait que les organismes doivent faire plus que rendre compte à une série de bailleurs de fonds – ils sont également comptables envers leurs clients, leur conseil d’administration, leurs partenaires et leur collectivité.

L’absence de financement pluriannuel rend difficile la planification à long terme et augmente le temps nécessaire à la rédaction des propositions, à la négociation des ententes de contribution, à la conclusion des ententes, et ainsi de suite.

Ce processus se complique davantage lorsque les organismes doivent chercher à diversifier leur financement afin d’offrir la gamme de programmes nécessaires pour répondre aux besoins de leurs clients. Ils se retrouvent donc à passer un nombre anormal d’heures à gérer des structures de financement et de rapport de plus en plus complexes, tandis que les coûts essentiels d’infrastructure sont considérés inadmissibles en tant que dépenses de projet.

Désormais, les bailleurs de fonds exigent souvent que les projets soient cofinancés et qu’ils prévoient des partenariats. Pour faire une demande de financement, même pour un projet à court terme, les organismes doivent tout d’abord nouer des partenariats et rédiger des propositions séparées, mais interdépendantes. Leur budget doit également respecter les directives, les formats budgétaires et les structures de rapport propres à chacun des bailleurs de fonds. Par la suite, ils doivent apporter les corrections nécessaires à leurs propositions et les soumettre de nouveau. Il leur est souvent difficile d’exécuter, de conclure et d’évaluer les projets efficacement dans les délais impartis. Le temps écoulé entre la proposition initiale et la date réelle de signature de l’entente de contribution, ainsi que les courts délais qui en résultent pour, entre autres, démarrer le projet, embaucher le personnel et prendre les inscriptions des participants, nuisent à l’exécution, à l’achèvement et à l’évaluation efficace du projet selon l’échéancier serré établi. En raison de ces périodes d’attente, les organismes, le personnel, les clients et les responsables de l’élaboration des programmes se retrouvent dans un mode « hâtez-vous, puis attendez » qui perdure. Les projets qui nécessitent la participation d’un grand nombre de bailleurs de fonds sont particulièrement vulnérables, car le refus ou le retrait d’une des sources de financement risque de faire s’écrouler toute la chaîne de financement.

Les conditions rigoureuses et la nature éphémère du financement de projets à court terme de plus en plus ciblés annulent les efforts des fournisseurs de services pour planifier et élaborer des programmes novateurs et intégrés favorisant l’établissement des nouveaux arrivants. De fait, les organismes d’aide aux immigrants font plus pour la collectivité que de se contenter de dispenser des services. Ils servent d’intermédiaires clés entre les immigrants et l’environnement externe, c’est-à-dire les institutions, la politique gouvernementale et l’opinion publique. Par conséquent, ces organismes ont un rôle fondamental à jouer à l’échelle locale dans la mise en œuvre de la Stratégie d’innovation.

Le Conseil canadien pour les réfugiés a décrit le rôle de ces organismes en rappelant qu’il constitue un précieux atout, à savoir :

  • Ils ont contribué à l’édification, au soutien et à la puissance des collectivités ethnoculturelles et continuent à travailler en partenariat avec d’autres collectivités.
  • Ils offrent une éducation, un lien, une expertise et du soutien aux agences d’intégration, aux gouvernements et aux organismes d’affaires et communautaires.
  • Ils travaillent de pair avec les organismes d’intégration pour fournir une expertise et des ressources additionnelles afin que des services appropriés soient offerts aux nouveaux arrivants. » [7]

Financement de l’ensemble des services d’aide à l’établissement

É tant donné les limites croissantes des structures actuelles de financement des projets, les organismes d’aide aux immigrants ont de plus en plus de mal à préserver l’infrastructure et à obtenir le financement pour offrir l’ensemble des programmes d’établissement visant à aider les immigrants à s’établir et à s’intégrer dans les collectivités locales. Voici la liste de ces services :

  • répondre aux besoins immédiats des immigrants nouvellement arrivés,
  • cours de langue (français et anglais) de base et de niveau avancé,
  • services de garde d’enfants,
  • renseignements et aiguillage,
  • counselling,
  • orientation au Canada et dans la collectivité locale,
  • services de soutien social,
  • aide aux familles élargies et aux enfants,
  • accès au perfectionnement professionnel,
  • accès à une expérience de travail au Canada,
  • préparation à l’emploi,
  • ensemble d’appuis culturels et sociaux,
  • réunion des familles,
  • éducation du public,
  • travail de lutte contre le racisme,
  • développement des collectivités.

Afin de maximiser le processus d’établissement et la prestation des services d’établissement, nous devons veiller à ce que la mise en œuvre de l’ensemble de ces services se déroule sans heurt. Pour faciliter la pleine intégration des immigrants au marché du travail de leur collectivité et l’utilisation optimale de leurs compétences, tous les services doivent être synchronisés : renseignements et orientation à l’étranger, traitement rapide, financement intégré pour les divers paliers de gouvernement et, enfin, services d’aide à l’établissement et innovations dans les collectivités. Si on laisse une plus grande marge de manœuvre aux organismes d’aide aux immigrants sur le plan du financement et du financement de démarrage, ils rempliront leur rôle d’intervenants et créeront les partenariats fructueux nécessaires à la conception et à la mise en œuvre des innovations dans les collectivités. Ils pourront alors offrir la formation et l’aide appropriés, ainsi que toute une gamme de programmes, de services et de réseaux qui leur permettront de maximiser leurs activités d’établissement et d’aider les immigrants à bien s’intégrer dans leur collectivité.

Recommandation :

Nous recommandons fortement qu’un financement stable à long terme, assorti de processus de reddition de compte simplifiés, soit garanti afin que l’ensemble des services d’établissement soit offert.

Réunion rapide des familles

Nos clients exigent que la réunion des familles soit ajoutée aux principaux déterminants de l’intégration réussie des immigrants. Au cours du processus d’immigration au Canada, un grand nombre de nouveaux arrivants ont été séparés de leur famille, notamment des enfants d’âge mineur et des époux et épouses. Nos clients doivent souvent livrer bataille pendant des années pour que leur famille soit réunie. Les longues périodes d’attente pour parvenir à réunir une famille sont démoralisantes et retardent les processus d’établissement et d’intégration. La réunion rapide des familles aiderait grandement les immigrants à s’intégrer.

Recommandation :

Les processus de réunion des familles devraient être accélérés afin de permettre l’intégration complète des immigrants.

Élaboration de programmes équivalents en vue de garder les immigrants dans les petites collectivités

Les petites collectivités ont de la difficulté à attirer et à fidéliser les immigrants. Pour parer à la situation, il faudra allouer suffisamment de fonds à celles-ci pour qu’elles soient en mesure d’offrir l’ensemble des services d’aide à l’établissement, de même que des programmes équivalents à ceux des régions plus vastes, notamment la prestation des Cours de langue pour les immigrants au Canada (CLIC/LINC) et des cours de langue pour la préparation à l’emploi. À l’heure actuelle, selon l’endroit au Canada, il existe de vastes écarts entre les services et les niveaux de cours de langue offerts. Le niveau varie de 3 dans certaines régions à 8 et plus dans d’autres. Or, puisque certains immigrants ont besoin de suivre des cours de langue de niveau avancé, ces inégalités ont souvent pour effet de nuire à la stabilité des immigrants dans les petites collectivités. En augmentant les fonds destinés à la prestation des services d’établissement, des cours de langue de niveau avancé et des cours de langue axés sur l’emploi, tout un groupe de nouveaux arrivants auront la possibilité d’occuper des postes de niveau supérieur et de parfaire leurs connaissances dans le marché du travail canadien. Ces services auraient pour effet d’augmenter le taux d’intégration et de stabilité des nouveaux arrivants dans les petites collectivités.

Recommandation :

Nous recommandons fortement que des fonds soient affectés à l’élaboration de programmes équivalents partout au Canada, et particulièrement dans les petites collectivités, afin qu’elles soient en mesure d’offrir des cours de langue de niveau avancé, de préparer les immigrants à l’emploi et de les placer sur le marché du travail au Canada.

Accroître l’efficacité de l’immigration francophone

Les employés des organismes d’aide aux immigrants apportent différentes connaissances sur le plan linguistique à ces organismes. L’affectation de fonds supplémentaires aux organismes qui ont pour mandat de fournir des services dans les deux langues officielles, afin qu’ils puissent offrir des cours de français au personnel en place et nouer des partenariats avec les groupes francophones minoritaires, aurait éventuellement pour effet d’augmenter le nombre de services d’établissement offerts en français.

Recommandation :

Nous recommandons que CIC accorde des fonds supplémentaires aux organismes d’aide aux immigrants ayant pour mandat d’offrir systématiquement des services dans les deux langues officielles. Ces fonds additionnels leur permettraient de perfectionner la connaissance du français chez leurs employés et de nouer des partenariats avec les collectivités francophones en situation minoritaire afin d’offrir davantage de services d’établissement en français.

En résumé, nous approuvons les recommandations prioritaires de la Stratégie d’innovation du Canada en tant que force dynamique servant à l’abolition des barrières provinciales et institutionnelles en vue de bâtir un environnement davantage favorable à l’intégration des immigrants. Il faut davantage de ressources pour pouvoir répartir les avantages de l’immigration d’un bout à l’autre du pays, mener à bien la stratégie visant à attirer et à garder les immigrants dans les petites collectivités et accroître l’immigration francophone. Ces ressources supplémentaires permettront aux petites collectivités d’offrir des programmes comparables à ceux des régions plus vastes, et offrir des cours de langue de niveau avancé, des cours de préparation à l’emploi et la formation en milieu de travail partout au Canada. La réunion rapide des familles est elle aussi un facteur essentiel pour l’intégration complète des nouveaux arrivants au Canada.

Afin de maximiser les activités d’établissement et d’intégration, la structure actuelle de financement des organismes d’aide aux immigrants doit être révisée. Cette structure ne doit plus être cloisonnée en fonction de projets à court terme; elle doit plutôt prévoir un financement permanent, intégré, à long terme et simplifié permettant la prestation de l’ensemble des services d’établissement. Les ressources financières des organismes doivent leur donner la latitude nécessaire pour qu’ils puissent concevoir et mettre en œuvre des innovations dans les collectivités. Ils doivent être en mesure d’offrir la formation et l’aide appropriées, ainsi que toute une gamme de programmes, de services et de réseaux, qui leur permettront de maximiser leurs activités d’établissement et d’aider les immigrants à s’intégrer complètement. Une structure de financement flexible permettra aux organismes d’aide aux immigrants de participer pleinement à la stratégie d’innovation. Ils pourront alors prendre part aux débats en matière de politique, nouer des partenariats fructueux avec des intervenants stratégiques et exploiter pleinement leur potentiel en vue de concevoir et de mettre en œuvre des innovations dans les collectivités, et ce, tout en accomplissant leur mission qui est d’accroître le taux d’intégration des immigrants.

Rapport rédigé par Lisa Bamford (Association multiculturelle de Fredericton, Fredericton (N.-B.))

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[3] Denton, Feaver et Spencer, Direction générale de la recherche appliquée, Développement des ressources humaines Canada, Immigration, Labour Force and the Age Structure of the Population, 1999. Cité dans Le savoir, clé de notre avenir - Le perfectionnement des compétences au Canada, Développement des ressources humaines Canada, 2002. Retour

[4] Statistique Canada, Enquête sur la population active, 2000-2001; Citoyenneté et Immigration Canada, Faits et chiffres, 2000. Retour

* Statistique Canada, Recensement du Canada de 1996. Cité dans Le savoir, clé de notre avenir - Le perfectionnement des compétences au Canada, Développement des ressources humaines Canada, 2002 – « Il peut s’écouler jusqu’à dix ans avant que les revenus des immigrants ayant une formation universitaire rejoignent ceux de leurs homologues canadiens. En outre, en 1996, on observait une différence de près de 20 points de pourcentage entre le taux d’emploi des travailleurs nés au Canada ayant une formation universitaire (92 p. 100) et celui des immigrants ayant aussi fait des études universitaires (73 p. 100).
Cité dans Le savoir, clé de notre avenir - Le perfectionnement des compétences au Canada, Développement des ressources humaines Canada, 2002.

[5] Le gouvernement du Canada avec le Conference Board du Canada, Sommaire du Sommet national sur l’innovation et l’apprentissage, Industrie Canada et Ressources humaines Canada, 2002. Retour

[6] Conseil canadien pour les réfugiés, Les meilleures pratiques en matière d’établissement. Les Services d’établissement pour les réfugiés et les immigrants au Canada, février 1998. Retour

[7] Conseil canadien pour les réfugiés, Les meilleures pratiques en matière d’établissement. Les Services d’établissement pour les réfugiés et les immigrants au Canada, février 1998. Retour