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L'initiative sur le secteur bénévole : Projet d'établissement

Initiatives nationales



Atelier 7C – Santé mentale et établissement : développer les services communautaires aux nouveaux arrivants

Présentatrices

Amanuel Melles et Naga Ramalingam (Family Service Association of Toronto, Ontario), Nalini Pandalangat et Amie Parikh (Centre de toxicomanie et de santé mentale, Ontario)

Modérateur

Chris Friesen

Objectifs

Partager les connaissances sur les programmes et initiatives de promotion de la santé mentale dans les communautés ethnoraciales d'immigrants; parler de l'application réussie des principes et pratiques de développement des services communautaires pour les nouveaux arrivants issus de pays déchirés par la guerre.

Résumé

Il y a un manque systémique de services de santé mentale adaptés aux différentes cultures. Le nombre croissant de suicides dans les communautés ethnoraciales a été le catalyseur de l'action communautaire. Le renforcement des capacités commence par la reconnaissance du fait que les ressources des communautés sont souvent sous-utilisées. L'expertise culturelle et professionnelle des communautés est généralement sollicitée dans un but d'information, alors que la conception, l'élaboration et, souvent, la mise en œuvre des programmes sont l'affaire de la population générale. De maigres ressources sont allouées en échange. L'atelier avait pour thème la nécessité de faire circulerl'expertise et les ressources dans les deux sens.

Des recherches communautaires devraient être effectuées à l'intérieur d'un cadre d'action. Les chercheurs devraient être clairement tenus d'en arriver à des résultats pratiques et les communautés conserveraient une partie importante de la propriété des données et des résultats.

Les présentatrices et les participants ont cité de nombreux exemples démontrant que les services de santé mentale ne sont pas adaptés aux différentes cultures : les services ne sont pas offerts dans la langue maternelle et il n'existe pas d'outil de diagnostic culturellement adapté; peu de liens existent entre les cliniciens de la population générale et les communautés ethnoraciales; le modèle de « maladie » appliqué en santé mentale exclut les familles élargies et minimise les problèmes contextuels graves, comme le chômage, l'endettement, l'isolement, la dispersion des familles, les risques courus par des membres de la famille, la crainte et le chagrin, ou n'en tient pas compte.

Les aînés et les femmes ont dû surmonter des obstacles plus importants pour obtenir des soins. D'autres facteurs ont également influé sur l'accès à des traitements, par exemple le coût, les inconvénients, les listes d'attente et le manque de sensibilisation des ressources de la population générale. Il y a aussi les sentiments suscités par les traitements, qu'il s'agisse de crainte, de méfiance, de préoccupations concernant la confidentialité ou d'expériences de racisme. À cause de ces facteurs entre autres, moins de 3 p. 100 des répondants avaient consulté un travailleur social ou un psychiatre. En outre, plus de la moitié des répondants ne consulteraient pas un professionnel pour discuter d'un sentiment de tristesse ou de pensées suicidaires.

Comment, alors, améliorer l'accès et créer des liens entre la population générale et les communautés ethnoraciales? Nous reconnaissons que les organisations de la population générale doivent offrir des services à tous et qu'il n'incombe pas uniquement aux communautés de trouver des solutions aux problèmes. Il faut donner aux communautés accès aux décideurs et aux instances dirigeantes et leur permettre de participer aux activités de ceux-ci. Les ressources financières doivent être suffisantes pour que leur participation soit entière et utile. Il faut échanger des services, la population générale donnant de la formation aux organismes communautaires et recevant en échange de la formation sur les différentes cultures, et recruter des membres ou du personnel de manière à changer le visage des institutions ordinaires.

Il ne s'agit pas nécessairement d'action positive lorsque vous faites du recrutement non seulement chez la population générale, mais aussi dans les communautés et que vous choisissez vos membres ou vos employés en fonction de leur capacité de servir une population diversifiée. La diversité s'ensuivra alors naturellement. Il ne manque pas de candidats qualifiés possédant des compétences et de l'expérience concurrentielles dans ces domaines. Il faut concevoir et appliquer de nouveaux modèles de traitement : il ne faut pas seulement traiter les patients, mais aussi leur famille élargie. Il ne faut pas seulement se préoccuper de la maladie, mais accorder une place importante au contexte particulier et aux difficultés des communautés ethnoraciales de nouveaux arrivants.

Recommandations

  1. Élaborer des stratégies de sensibilisation et d'information à l'intention des nouveaux jeunes arrivants. Les programmes devraient dépasser le cadre de la santé mentale et de l'application de la loi.
    • L'accent ici est mis sur la prévention, et la population visée est à un âge déterminant. Une intervention en temps opportun pourrait bien faire la différence entre un citoyen productif et, disons, un membre d'un gang. Malheureusement, l'une des rares institutions à consacrer des ressources importantes aux jeunes immigrants et aux jeunes appartenant à une minorité visible est celle de l'application de la loi.
  2. Concevoir des stratégies ayant pour but de sensibiliser les organismes de financement aux problèmes de santé mentale et de toxicomanie existant au sein des communautés ethnoraciales.
    • Il ressort de l'atelier que les institutions de la population générale continuent de faire souvent la sourde oreille aux demandes de changement des leaders communautaires.
  3. Continuer d'exercer des pressions afin que la discrimination systémique très répandue soit reconnue et sensibiliser les gens aux formes qu'elle peut prendre.
    • Les administrateurs scolaires de la population canadienne de race blanche continuent de considérer que les langues étrangères représentent une menace. Et des comportements d'adolescents qui sont considérés comme normaux – refus des conventions des adultes ou formation de groupes, par exemple – deviennent des indicateurs de tendances criminelles lorsqu'ils sont détectés chez de jeunes immigrants ou de jeunes membres d'une minorité visible.
  4. Concevoir, à l'intention des cliniciens de première ligne, différents outils culturellement adaptés.
  5. Promouvoir et appuyer la recherche fondée sur les besoins et la participation, qui met à profit les ressources des communautés et qui offre des récompenses concrètes en retour, afin de mettre au point des services et des stratégies d'intervention adaptés aux différentes cultures et de créer des partenariats authentiques entre la population générale et les communautés.
  6. Encourager les institutions ordinaires à s'engager à documenter les pratiques culturellement appropriées qu'elles ont adoptées pour différents projets et à les réunir dans un code.
    • Il arrive souvent que l'évolution des institutions soit plus lente que la durée des projets. Des acteurs clés peuvent être influencés à court terme, mais une grande partie des connaissances peuvent être perdues avant que la transformation institutionnelle soit terminée.
  7. Faire des recherches sur la faculté de récupération des communautés déchirées par la guerre.
    • L'arrivée de réfugiés venant de zones de guerre est souvent considérée comme un fardeau, mais une faculté de récupération presque miraculeuse constitue une richesse qui n'est pas appréciée ni exploitée à sa juste valeur par une grande partie de la population canadienne. À cet égard, on a parlé des Afghans de Toronto – dont une grande partie ne vit pas au Canada depuis longtemps – qui, à la suite du suicide de l'un des jeunes de leur communauté, ont décidé de fonder une association pour venir en aide aux familles et aux personnes en situation de crise.
  8. Explorer le potentiel de la Charte canadienne des droits et libertés (ou les modifications qui pourraient lui être apportées) en ce qui concerne l'égalité d'accès aux services.
  9. Passer au crible les renseignements faisant la promotion du Canada comme pays de destination qui sont fournis aux immigrants et aux réfugiés avant leur migration.
    • De nombreux réfugiés et immigrants pourraient bien choisir d'autres destinations s'ils étaient au courant des difficultés et des obstacles structurels auxquels ils seront confrontés au Canada et du peu de soutien qu'ils recevront dans ce pays. L'inadéquation entre les espoirs et la réalité est une source importante de stress après la migration.
  10. Suggérer que la prochaine Conférence sur le réétablissement porte moins sur les stratégies d'adaptation et d'intégration des nouveaux arrivants et des minorités et davantage sur les mesures que la population dans l'ensemble pourrait prendre pour répondre aux besoins des populations de plus en plus grandes qu'elle marginalise constamment.
    • Ainsi, le changement organisationnel visé atteindra l'un de ses objectifs logiques : la transformation du cadre de mise en œuvre au sens le plus large.

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