Atelier 2G – Évaluation selon les nouveaux niveaux de compétence
canadiens en anglais pour les infirmières : un modèle pour
les autres professions et métiers
Présentatrices
Pauline McNaughton (Centre des niveaux de compétence linguistique
canadiens, Ontario) et Lucy Epp (Collège de Red River, Manitoba)
Modérateur
Bill McMichael, ancien président du CNCLC
Objectifs
Présenter l'évaluation selon les niveaux de compétence
canadiens en anglais pour les infirmières comme moyen d'améliorer
l'intégration des infirmières formées à l'étranger;
explorer comment l'évaluation des niveaux de compétence
peut servir de modèle pour les autres professions et métiers.
Résumé
Soixante-dix pour cent de la croissance de la population active du Canada
est attribuable à l'immigration. Ce pourcentage devrait atteindre
100 p. 100 dans quelques années. On prévoit qu'il
manquera 113 000 infirmières au Canada en 2011. Des obstacles
importants, en particulier en ce qui a trait à l'évaluation
et à la reconnaissance des aptitudes linguistiques, empêchent
actuellement les infirmières formées à l'étranger
de travailler au Canada.
En partenariat avec le Centre des niveaux de compétence linguistique
canadiens , le Collège de Red River a mis au point un outil d'évaluation
des connaissances linguistiques pour les infirmières. Cette évaluation,
qui est axée sur les tâches professionnelles, est effectuée
à l'aide des niveaux de compétence linguistique reconnus
à l'échelle nationale. L'outil devrait servir de modèle
en vue de l'adaptation du système des niveaux de compétence
à d'autres métiers et professions, en particulier les professions
qui représentent des enjeux considérables.
Résultats et principales conclusions
- Le nouvel outil d'évaluation des connaissances linguistiques
présente trois avantages importants par rapport à des
tests comme le TOEFL. Premièrement, il peut être adapté
à chaque profession. Deuxièmement, il est basé
sur les tâches. Troisièmement, il permet d'analyser les
forces et les faiblesses au lieu de mener à un simple résultat
« réussite/échec ».
- Les infirmières mentionnent invariablement que les pires difficultés
qu'elles rencontrent sur le plan linguistique dans leur milieu de travail
est de comprendre, de parler et de bien prononcer les mots.
- Plus de mille tâches ont été examinées
par les chercheurs. Vingt-deux pour cent de celles-ci comportaient la
demande d'information. Dans 21 p. 100 des tâches,
les infirmières devaient donner des explications ou des directives
à leurs collègues ou à des patients. Les autres
tâches étaient moins fréquentes, mais fondamentales,
par exemple demander des précisions (1 p. 100) et obtenir
de l'information par téléphone (3 p. 100).
- Les chercheurs ont aussi détecté trois problèmes
importants liés au contexte. Premièrement, les infirmières
réagissent à la négativité. Lorsqu'un problème
de communication survient, la faute est parfois attribuée injustement
à l'interlocuteur anglophone né à l'étranger.
Deuxièmement, on a constaté différents problèmes
culturels, par exemple des remarques racistes faites par des patients
se trouvant à l'urgence. Troisièmement, c'est habituellement
au nouvel arrivant à s'ajuster. On reconnaît rarement l'importance
de bien accueillir le nouvel employé et de l'appuyer.
- L'outil d'évaluation a paru très valide aux candidates
infirmières qui ont été évaluées.
Le test a produit une analyse détaillée que presque toutes
les candidates ont estimé utile. (Même le groupe témoin
d'anglophones nés au Canada voulaient l'avoir.) Les personnes
qui ont échoué pouvaient savoir exactement où se
situaient leurs faiblesses; selon elles, il était plus facile
d'accepter les résultats et d'en tirer des leçons que
lorsqu'on se contente de leur dire qu'elles ont réussi ou échoué
le test ou qu'on leur attribue une note.
- L'étude a défini les niveaux généraux
de compétence linguistique pour les infirmières travaillant
dans différents milieux : 8 pour la capacité de parler,
9 pour la capacité de comprendre, 8 pour la capacité de
lire et 7 pour la capacité d'écrire. (Ces niveaux peuvent
toutefois être très différents de ceux appliqués
dans le cadre des programmes de formation des infirmières, où
les exigences en matière de lecture et d'écriture sont
probablement plus élevées.)
- Les responsables du projet considèrent cependant qu'il est
important de faire une distinction entre les compétences exigées
par le travail et les exigences académiques, à défaut
de quoi l'outil d'évaluation deviendra un autre obstacle à
l'emploi.
- Les approbations en matière d'éthique, les évaluations
des risques et les questions de confidentialité se sont révélées
très complexes alors qu'on ne s'y attendait pas. Ces facteurs
pourraient bien avoir ajouté un an à l'échéancier
du projet concernant la profession d'infirmière, une profession
comportant des enjeux considérables.
- D'autres aspects du projet ont également pris plus de temps
que prévu. Il faut prévoir au moins six mois pour une
analyse linguistique d'une profession et une autre période de
12 mois pour la conception des outils d'évaluation.
- Au Canada, les situations de travail et les exigences professionnelles
varient considérablement d'une région à l'autre.
Des données devraient être recueillies dans toutes les
régions du Canada aux fins de la conception des outils d'évaluation.
- Les auteurs ont préparé un guide, How to Develop
a Language-Specific Occupational Development Tool , qui sera bientôt
offert en vente sur le site Web du Collège
de Red River.
- Les partenaires du projet étudient actuellement la possibilité
de confier à un tiers la gestion et l'application de l'outil
d'évaluation.
- Des options en matière de recouvrement des coûts sont
examinées. À l'heure actuelle, les candidates infirmières
paient elles-mêmes le coût de tests comme le TOEFL. Le coût
du nouvel outil n'a pas encore été déterminé,
mais les organismes gouvernementaux ou les employeurs pourraient être
disposés à en assumer une partie.
- Des études de suivi sur les lieux de travail qui établissent
un lien entre les résultats du test et la réussite en
milieu de travail seraient utiles.
- On vient tout juste d'annoncer la création d'un partenariat
avec Skilplan et DRHC. Le projet mettra à profit les points forts
de la méthode fondée sur les niveaux de compétence
linguistique et le nouvel outil d'évaluation adapté à
la profession afin de les harmoniser avec les National Occupational
Profiles et les Skilplan's Workplace Essential Skills de DRHC. Le premier
résultat important sera un test d'évaluation de la capacité
d'écrire des candidates infirmières, laquelle est essentielle
à leur travail.
Recommandation
L'utilisation des niveaux de compétence linguistique canadiens
pour définir les profils linguistiques des professions et des métiers,
sur la base du modèle appliqué aux infirmières, devrait
faire partie intégrante de l'amélioration de l'accès
aux professions et aux métiers, au même titre que la reconnaissance
des titres de compétence acquis à l'étranger.
Table
des matières
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