Conference nationale sur l'établissement 1 (Kingston - Juin 18-20,
2001)
Allocution prononcée par Monica Patten
à la Conférence nationale sur l'établissement
Le 19 juin 2001
Quel plaisir d'être avec vous aujourd'hui. Je vous remercie de l'invitation
que vous m'avez faite et de la possibilité que vous me donnez de partager
avec vous certaines de mes opinions sur le secteur sans but lucratif.
Je commence donc par une anecdote. Au début d'avril, j'ai eu le grand
honneur de prendre la parole à une conférence réunissant des leaders du
secteur sans but lucratif et d'œuvres de bienfaisance, des entrepreneurs
et des universitaires du Brésil, tous fortement impliqués dans les orientations
à donner au secteur sans but lucratif de leur pays. J'ai aussi eu la chance
de passer une journée avec des bénévoles, des leaders d'œuvres de bienfaisance
et des employés d'ONG dans certains des quartiers les plus pauvres aux
abords de la grande ville de Sao Paulo - une journée qui m'a beaucoup
émue, qui m'a complètement bouleversée et m'a inspirée au-delà de ce que
j'aurais jamais pu imaginer. À la fin de la journée, après avoir visité
les bidonvilles ou favellas comme ils les appellent, je me suis étendue
sur mon lit à l'hôtel et j'ai essayé de comprendre ce que j'avais vu et
vécu. Je me sentais à la fois désespérée et pleine d'espoir. Je ne pouvais
chasser de mon esprit les scènes d'abjecte pauvreté que je venais de voir
et pourtant j'entendais aisément le rire des enfants venus chercher leur
bol quotidien de soupe au centre d'accueil. Je revoyais la fierté et le
bonheur des bénévoles qui m'ont accueillie dans la cuisine où la soupe
mijotait. La tendresse d'un travailleur communautaire qui s'est arrêté
pour jaser avec une vieille femme handicapée assise dans la boue à l'entrée
de sa baraque, l'ambition et l'espoir d'une jeune femme membre du conseil
d'administration d'une agence locale qui avait déployé beaucoup d'efforts
pour se débarrasser d'une administration locale corrompue dans une récente
élection municipale, la volonté et la ténacité d'un jeune médecin communautaire
et la véritable passion du propriétaire d'une grande entreprise (pharmaceutique,
croyez-le ou non) qui avait demandé à l'un de ses employés de passer la
journée avec moi parce qu'il voulait être certain que je comprenne bien
l'implication de sa compagnie et d'autres dans le domaine de la responsabilité
sociale. C'est en présence de la misère que j'ai réellement vu et compris
l'essence du secteur sans but lucratif dans toute sa totalité et dans
toute sa richesse. Et si j'avais fermé les yeux devant la réalité qui
s'offrait à moi et si je m'étais bouché le nez pour échapper aux odeurs,
j'aurais pu me trouver n'importe où au Canada, peut-être n'importe où
dans le monde.
Laissez-moi vous expliquer pourquoi j'estime que cette anecdote s'applique
non seulement au secteur à but non lucratif de notre pays mais aussi à
celui du Brésil. Je le ferai en vous exposant ma perception du pouvoir,
de la valeur et du potentiel de notre secteur, puis j'aborderai certains
des défis que nous devons, à mon avis, relever dans le cadre des efforts
que nous déployons en ce début de siècle pour renforcer notre secteur
- pour réaliser notre potentiel. Je sais que certains des plus grands
défis que nous devons relever tiennent fort probablement à nos propres
situations organisationnelles. Voilà pourquoi, dans mes commentaires,
je m'en tiendrai à des questions qui intéressent l'ensemble du secteur,
tout en vous invitant à en tirer vos propres leçons.
Nous essayons depuis longtemps de décrire le secteur en insistant sur
les chiffres et les statistiques pour savoir combien il y a de bénévoles,
combien de dollars nous avons recueillis et dépensés, combien il y a d'employés
rémunérés, quel genre d'activités nous exerçons, et ainsi de suite. Cela
est très valable et nécessaire, mais c'est loin d'être suffisant à mon
avis. Nous utilisons aussi d'autres caractéristiques à l'occasion pour
décrire le secteur sans but lucratif. Nous disons par exemple que le secteur
est composé d'organisations indépendantes du gouvernement et des entreprises,
lesquelles recourent au service de bénévoles à un certain niveau (peut-être
uniquement au niveau du conseil d'administration, mais soyons tout à fait
clairs et précisons que le secteur ne se résume pas au bénévolat, aussi
important soit-il) et qui, à la fin de l'année, ne remettent pas leurs
" profits " aux directeurs et aux actionnaires, mais les réinvestissent,
s'il y en a, dans l'organisation pour qu'elle remplissse sa mission. Nous
pourrions dire aussi qu'une grande partie du secteur travaille à l'avancement
du bien-être de la société, dans un sens très large, et nous pourrions
même dire que le secteur se réalise le mieux au niveau local et communautaire.
Mais cette description, ajoutée aux statistiques et aux chiffres, ne nous
mène guère plus loin, et, à mon avis, réussit mal à faire ressortir la
valeur du secteur et sa contribution à notre société. Nous devons trouver
de nouvelles manières d'orienter la recherche, de décrire nos programmes
et nos services, de susciter la participation de bénévoles, de mieux faire
connaître le rôle de notre secteur dans le renforcement de la cohésion
sociale. J'estime qu'il nous faut aussi trouver de nouvelles façons de
raconter nos accomplissements et les bienfaits qu'en retirent nos bénéficiaires.
En d'autres mots, il s'agit de mieux comprendre ce que nous sommes et
d'en ressentir une plus grande fierté pour pouvoir énoncer plus clairement
ce que nous sommes.
Nous pourrions vouloir parler de notre capacité de motiver et de mobiliser
des gens, à l'échelle locale et autre. D'exécuter des programmes et de
fournir des services à nos voisins, nos enfants, nos personnes âgées,
les nouveaux arrivants, à tous les membres de nos collectivités, d'innombrables
façons, que ce soit dans le domaine des arts ou des activités récréatives
ou bien pour préparer des repas nourrissants et donner des soins à ceux
qui vivent en marge de la société. D'accueillir ceux qui n'ont pas toujours
la chance de sentir qu'ils ont leur place dans la société. De favoriser
les rapports entre les gens, renforcer les liens, transmettre des connaissances,
bâtir la confiance et susciter un sentiment d'appartenance. De défendre
une cause et parler franchement des problèmes. De recueillir des fonds
et les répartir de sorte que des tâches importantes soient accomplies.
De mettre en valeur le potentiel de chaque collectivité, où qu'elles soient,
c'est-à-dire de trouver et de renforcer les compétences, les ressources
et les engagements. Voilà ce que nous sommes et ce que nous faisons; et
nous pouvons donner une multitude d'exemples pour illustrer nos accomplissements
quotidiens. C'est notre vécu collectif et nous y tenons! C'est notre vécu
quotidien, un vécu puissant, qui mérite d'être communiqué avec dynamisme
et célébré par tous.
Jamais nous ne pourrons dire : voilà, notre mission est accomplie. Sans
cesse nous devrons réfléchir à des façons d'en faire davantage, de faire
encore mieux, bref, de réaliser notre potentiel. Et afin de réaliser notre
potentiel, de persuader nos interlocuteurs de la très grande importance
de notre mission, nous avons besoin de ressources, tant de ressources
humaines et financières que de connaissances. Nous devons être animés
par la confiance et la fierté. Nous avons besoin d'investissements.
Laissez-moi commencer par l'investissement dans les ressources humaines,
et d'abord par le rôle du conseil d'administration dans le mandat des
organisations du secteur bénévole, un rôle qui à mon avis est essentiel
mais souvent problématique. J'entends souvent les membres des conseils
d'administration demander des éclaircissements sur leur rôle et les attentes
qu'on a à leur égard. Les employés eux se demandent comment mieux utiliser
les compétences et l'expérience des membres des conseils d'administration
et mieux en tirer profit. Les employés tout comme les membres des conseils
d'administration se demandent " qui fait quoi? ". Je suis une ardente
partisane des conseils d'administration formés de bénévoles. C'est grâce
à eux et grâce aux comités que nous acquérons la sagesse et l'expérience
de la communauté, que nous avons des perspectives variées et que nous
entendons des points de vue différents. C'est aussi grâce à eux que nous
montrons publiquement que nous sommes responsables, et beaucoup plus.
Si je devais résumer ce qui à mon avis constitue la plus grande force
d'un conseil d'administration, je dirais que c'est la possibilité qu'il
a de renforcer la capacité de l'organisation de remplir sa mission en
instaurant et en favorisant une culture qui valorise l'excellence du rendement.
Rien de moins. C'est-à-dire se concentrer sur les grands enjeux et poser
les bonnes questions, comme " quel impact avons-nous sur la société? "
et non pas " combien de discours avons-nous prononcés le mois dernier?
" C'est-à-dire examiner le budget pour faire en sorte d'investir dans
les employés et dans leur perfectionnement, et être moins préoccupés par
les dépenses de photocopie. C'est-à-dire établir des liens avec les donateurs
et les bailleurs de fonds et demeurer responsables et transparents. C'est-à-dire
être les ambassadeurs fiers, bien informés et éloquents de l'organisation.
Et finalement cela veut dire investir tout simplement, c'est-à-dire réunir
les bonnes personnes autour de la table et leur donner ce qu'il faut pour
qu'elles fassent leur travail. Si les conseils d'administration comprennent
que leur rôle est d'améliorer le rendement, les clients et la collectivité
ne pourront qu'en bénéficier. Mais je sais qu'il n'y a pas beaucoup de
membres de conseils d'administration dans la salle aujourd'hui (quoique
je soupçonne bon nombre d'entre vous de siéger à des conseils d'administration
d'autres organisations), aussi j'exhorterais ceux d'entre vous qui sont
employés d'organisations sans but lucratif à prendre le temps de dire
aux membres de votre conseil d'administration comment ils ajoutent de
la valeur au travail que vous faites. Vous serez peut-être surpris d'entendre
ce qu'on vous dira, et une telle discussion, que nous n'avons pas souvent
avec nos conseils d'administration, car nous les tenons simplement pour
acquis, pourrait bien être le bon point de départ pour examiner " qui
fait quoi " et ainsi faire ressortir plus clairement les raisons pour
lesquelles nous avons le genre de gouvernance que nous avons.
J'ai mentionné auparavant l'investissement dans les ressources humaines
et je veux maintenant aborder un autre aspect de cet investissement, soit
l'aspect financier. Notre secteur s'est acquis la réputation de verser
de faibles salaires (nous disons que notre secteur attire des gens qui
y sont parce qu'ils se sentent profondément concernés, mais ce que nous
ne disons pas tout haut, c'est que nous pouvons donc les payer moins);
nous avons aussi la réputation d'avoir de maigres budgets pour la formation
et le perfectionnement professionnel, d'offrir bien peu d'appui aux bénévoles
et d'ignorer presque complètement la recherche et le développement. À
mon avis, c'est manquer de vision et de responsabilité. La plus grande
ressource de notre secteur, ce sont ses gens. Ce sont les connaissances,
les liens avec la communauté et les compétences que nous avons. Nous sommes
probablement tous d'accord avec cela, mais nos gestes et nos comportements
disent autre chose. De fait, ce que nous savons pertinemment, c'est qu'il
y a un fort roulement de personnel (nous cachons cela en disant que c'est
une vraie bonne chose que les gens apprennent de nous, puis poursuivent
ailleurs leur carrière), de l'épuisement professionnel et de la frustration,
des gens qui compromettent leur famille et leurs objectifs personnels,
des problèmes de maintien en place des bénévoles et des signes de tension
et de fatigue. Alors moi je vous dis que nous n'avons rien compris. Nous
devons tous, les membres des conseils d'administration, les employés,
les donateurs et les bailleurs de fonds, agir pour corriger cette situation.
Et nous devons agir vite si nous voulons garder notre personnel et être
un employeur recherché dans l'avenir.
Laissez-moi développer le thème de l'investissement financier encore
un moment et essayer de faire le lien avec la difficulté du secteur d'être
valorisé et compris. Il est facile (et souvent justifié) de pointer du
doigt des forces externes (disons les médias ou les bailleurs de fonds)
pour la difficulté de mieux faire comprendre notre valeur, mais je pense
que nous-mêmes nous envoyons des signaux très négatifs et des messages
confus. Nous sommes passés maîtres dans l'art de nous complaire dans notre
pauvreté. " Nous ne sommes après tout que le secteur sans but lucratif
". " Nous devons tout faire à peu de frais, c'est pourquoi nos ordinateurs
sont si désuets ". " Nous n'avons pas les moyens d'aller à cette conférence
". " Nos bailleurs de fonds et nos donateurs s'attendent à ce que nous
dépensions chaque dollar pour les services ". Bien sûr j'exagère, mais
je prétends que nous ne savons pas comment défendre le bien fondé d'investir,
investir, non pas en nous, mais dans le service à nos clients, aux participants
et aux collectivités. Et pour défendre ce point de vue, nous devons énoncer
plus clairement notre valeur et notre rôle, trouver un nouveau langage,
parler avec fierté de notre potentiel de vraiment changer les choses pour
le mieux. Nous devons cesser de nous décrire comme des pauvres et des
assiégés. Bien entendu, nous ne pouvons ignorer les difficultés qu'engendre
notre situation financière relativement précaire et l'effet destructeur
qu'elles ont sur notre confiance et notre engagement. Beaucoup d'organisations
du secteur ont connu de grandes réductions des dépenses dans les dernières
années et sont aux prises avec une bureaucratie incessante afin d'obtenir
des fonds du gouvernement et parfois des fonds d'autres sources. C'est
une situation inacceptable, et ensemble nous devons interpeller les bailleurs
de fonds d'aujourd'hui pour qu'ils repensent les modalités actuelles.
Nous devons aussi interpeller les médias (les témoins d'aujourd'hui) pour
qu'ils nous aident à nous raconter plus fidèlement, et comme je l'ai dit
auparavant, nous devons nous-mêmes trouver un nouveau langage et un nouveau
style, si vous voulez, pour décrire le rôle et la valeur que nous offrons
et pourquoi nous sommes le meilleur investissement qu'il soit.
Dans l'examen de notre rôle (et au Canada nous sommes chanceux qu'un
tel examen se fasse par le truchement de l'Initiative sur le secteur bénévole,
qui s'attaque aux problèmes de l'information, de la capacité, du financement,
des rapports avec les gens et du bénévolat), nous devons de toute évidence
nous poser la question " qui fait quoi? ", mais différemment de la façon
dont je l'ai soulevée précédemment. En effet, ici je parle des rôles du
gouvernement, du secteur privé et de notre secteur, le secteur sans but
lucratif. On s'entend largement pour dire, partout dans le monde en fait,
qu'aucun secteur ne peut à lui seul s'attaquer à tous les problèmes des
collectivités. Mais on ne s'entend pas sur la façon d'attribuer les rôles
et sur la façon dont ils se complètent l'un l'autre. Notre secteur doit
se garder d'être récupéré ou forcé d'accepter des rôles qui reviennent
plus justement à d'autres. Nous ne devons pas nous laisser entraîner dans
des partenariats qui compromettent nos valeurs fondamentales et notre
potentiel. Oui, bien sûr, nous devons travailler (et nous travaillons)
en partenariat avec d'autres organisations de notre secteur et avec d'autres
secteurs, mais ces partenariats seront plus avantageux quand nous dirons
clairement quel est notre rôle et qu'est-ce que nous pouvons apporter.
Et voilà une raison de plus pour être clair au sujet de notre valeur et
de notre potentiel et de les clamer.
Les partenariats, le soutien des bailleurs de fonds et des donateurs,
la confiance de nos clients, l'engagement du personnel et des bénévoles,
les attentes de nos collectivités exigent que nous soyons responsables
et transparents dans tout ce que nous faisons. L'obligation de rendre
compte, dans sa forme la plus simple, signifie expliquer et accepter la
responsabilité de remplir un mandat en tenant compte d'attentes fixées
et d'arrangements conclus. Nous pensons souvent que l'obligation de rendre
compte ne concerne que l'argent; c'est effectivement cela, mais c'est
aussi dans la nature de nos rapports avec tous les groupes que j'ai mentionnés
plus haut. La plupart d'entre nous essaient véritablement d'être responsables,
parce que nous savons qu'en étant responsables nous renfonçons effectivement
notre capacité. En rédigeant des rapports sur nos accomplissements et
nos difficultés, nous transmettons des connaissances à l'interne et à
l'externe sur ce que nous faisons, nous encourageons et rassurons les
donateurs, y compris les gouvernements, et nous rendons possibles de nouveaux
partenariats. Il serait utile si nous pouvions tous, nos bailleurs de
fonds et nous-mêmes, nous départir du regrettable point de vue qui veut
que la principale valeur de l'obligation de rendre compte réside dans
l'évaluation du bien fondé du renouvellement du financement ou d'un nouveau
financement pour adopter le point de vue selon lequel l'obligation de
rendre compte consiste à rapporter nos accomplisssements, parfois bons,
parfois moins bons, à tous ceux qui s'intéressent à nous et qui ont des
attentes à notre égard.
L'obligation de rendre compte, quand elle n'est pas conçue comme un processus
bureaucratique qui accable les ressources mêmes que nous sommes supposés
consacrer à nos services et à nos programmes, est un moyen formidable
de parler de nous. C'est une pratique que nous devrions tous adopter de
façon continue avec enthousiasme et engagement.
Cette année est l'Année internationale des bénévoles. Il s'agit d'une
occasion de souligner, de célébrer et d'apprécier la contribution absolument
inestimable que font les bénévoles à l'avancement de nos communautés et
de nos pays.
C'est aussi un bon moment pour se poser des questions. Comment pouvons-nous
intéresser au bénévolat ceux qui ne l'ont jamais pratiqué? Comment pouvons-nous
déterminer quels rôles confier à des bénévoles sans abuser de leur générosité
et sans nuire aux travailleurs et travailleuses rémunérés, à savoir sans
les déplacer ou les remplacer? Comment pouvons-nous aider les organisations
à faire participer plus efficacement les bénévoles à l'accomplissement
de leur mission? Ce sont des questions importantes et difficiles. Je propose
que nous les abordions lorsque nous examinerons l'investissement que nous
devons faire dans nos propres moyens, ainsi que le renforcement des capacités,
ce dernier point constituant, à mon avis, l'un des plus grands défis que
doit relever notre secteur.
Dans ces brèves observations, j'ai essayé d'esquisser des idées sur le
rôle et la valeur du secteur sans but lucratif et certains des défis que
nous devons relever. J'ai exprimé l'avis que même si nous faisons face
à des défis en ce qui a trait à la gouvernance, au financement, à l'information,
à l'obligation de rendre compte, nous avons un potentiel énorme et de
grandes possibilités. Et cela me ramène à mon anectode du début. Aux favellas
de Sao Paulo, au centre-ville de Montréal, dans les banlieues de Vancouver,
les villages du Manitoba, les collectivités du Nord. Dans chacun de ces
endroits, le secteur sans but lucratif est à l'œuvre. Il offre des services,
il parle, il invite. Il partage, il planifie, il facilite. Il tisse les
forces de la collectivité et renforce les capacités communautaires. Il
reconnaît les défis qui l'attendent et connaît sa valeur. Mais peut-être
ce qu'il sait le mieux, c'est qu'il a un potentiel énorme et un vaste
champ d'action, une énergie et une volonté sans borne. Je vous invite
donc à clamer votre valeur, à célébrer, et à renouveler votre investissement
dans cette énergie et cet engagement, pour le bien de nous tous. 8/29/2001
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