Conference nationale sur l'établissement 1 (Kingston - Juin 18-20,
2001)
Accord d'établissement : porte-parole du gouvernement
Martha Nixon, Sous-ministre adjointe, Citoyenneté
et Immigration Canada
Bonjour, je suis très heureuse d'être ici. Je suis encore tout étonnée
que nous ayons réussi à mener à bien ce projet. Toutes mes félicitations,
et merci d'être venus. C'est très important que nous puissions discuter,
débattre et en même temps nous amuser. Je crois que cette conférence est
un événement. Sa réalisation a pris trop de temps, à notre avis, mais
ce qui compte, c'est que nous sommes arrivés au but. Félicitations.
Notre longue expérience du processus d'immigration nous permet d'affirmer
que l'établissement des immigrants est la pierre angulaire du processus.
Il commence à l'étranger par un premier contact avec les immigrants, se
poursuit jusqu'à leur arrivée au Canada au moment où nous les accueillons,
puis les aidons à s'installer dans leur communauté. Si le travail d'établissement
ne se fait pas correctement, nous n'atteindrons pas notre principal objectif,
c'est-à-dire aider ces personnes à devenir Canadiennes, à faire partie
de la société canadienne et, au bout du compte, investir pour l'avenir
de chacun de nous. Je vous dis donc " Bravo ". Je crois qu'il est absolument
essentiel que nous puissions nous parler, discuter au cours des trois
prochains jours. Et je suis très contente que nous ayons réussi à nous
rassembler.
Naomi Alboim a fait l'historique de nos relations. Pour ma part, je peux
dire qu'au cours de ma longue carrière, - lorsque j'ai travaillé au secteur
de l'établissement et, plus particulièrement, lorsque j'ai assuré la gestion
des services offerts au bureau de la rue Rideau pour le Ministère, qui
s'appelait alors Emploi et Immigration - le contact avec les organismes
d'Ottawa compte parmi les expériences les plus satisfaisantes de ma carrière.
Et les personnes avec qui j'ai travaillé alors sont pour une bonne part
de proches amis aujourd'hui; ils me donnent encore des conseils.
Cela dit, je suis ici aujourd'hui pour vous parler de mon travail au
Ministère, à titre de représentante de CIC. J'ai en effet travaillé avec
un grand nombre de personnes provenant d'organismes à but non lucratif
et du gouvernement pour mettre sur pied cette initiative du secteur bénévole
et communautaire. Joan Atkinson vous en a parlé hier, je crois, et Monica
Patten vous en a glissé un mot. Les efforts que nous menons ensemble pour
rassembler les nombreux éléments qui nous permettront d'établir des relations
positives, plus positives devrais-je dire, entre le gouvernement et ce
que nous appelons aujourd'hui le secteur bénévole. Monica Patten a expliqué
avec beaucoup d'à-propos l'inexactitude de l'expression " secteur bénévole
" pour décrire le travail qui s'y fait. Toutefois, je me servirai de l'expression
parce que nous l'avons utilisée pour parler de notre initiative et, cela,
même si j'admets ses lacunes. Veuillez m'en excuser.
J'ai donc eu le privilège de m'associer à sept personnes du gouvernement
et à sept personnes du secteur bénévole pour préparer un Accord conjoint.
Il s'agit d'une proposition, d'un document, d'un assemblage de mots pour
alimenter la discussion entre des fonctionnaires de tous les ministères,
entre des représentants des communautés venant de partout au Canada, et
de différents milieux professionnels, pour essayer d'améliorer nos relations
actuelles et décider de ce qu'elles seront pour l'avenir, de les examiner
dans tous leurs aspects, de ne pas s'accrocher au passé, ni aux difficultés
du passé. Je suis la première à admettre que les choses ont été difficiles
même au gouvernement. Si nous jetons un regard sur le passé, nous voyons
des compressions budgétaires, des transferts, l'examen des programmes,
qui a entraîné des compressions dans tous les ministères sans exception.
Même aujourd'hui la situation à DRH a des incidences sur de nombreuses
personnes du secteur non lucratif, pour qui les choses sont extrêmement
difficiles.
Nous convenons que le contexte actuel y est souvent pour quelque chose
mais, cela dit, nous essayons de prendre du recul, et nous nous demandons
quel genre de relations nous souhaitons avoir, comment nous devrions améliorer
nos relations et comment nous assurer qu'elles se maintiennent et évoluent.
Je crois que l'Accord conjoint et l'Iniative sur le secteur bénévole et
communautaire montrent que le gouvernement du Canada est disposé à discuter
et, il faut l'espérer, que nombre de ses interlocuteurs sont tout à fait
prêts à tenir cette discussion, de sorte que nous pourrons cerner les
problèmes propres à nos relations, nous en occuper et, peut-être, sans
tous les résoudre, nous dire que nous devons fonder nos relations sur
nos acquis et mieux nous comprendre les uns les autres.
Si nous nous arrêtons un instant pour penser au chemin parcouru avant
d'arriver à cet accord conjoint, nous mesurons à quel point notre accord
s'inspire des exemples et des expériences des autres. Nombre d'entre vous
savez sans doute, ou ne le savent pas, que la Grande Bretagne et l'Écosse
ont mis en place ce qu'ils appellent un pacte concerté, signé à la fin
de 1988. Je crois qu'ils ont admis qu'il était légitime d'examiner leurs
relations avec le secteur bénévole sous l'angle des politiques publiques.
Comment naissent les politiques publiques? Je préciserais ici que nous
avons eu des discussions avec nos homologues britanniques et avons bénéficié
de l'expérience de certains d'entre eux à l'occasion de séances de travail
conjointes. Cela dit, je crois que cet examen leur a permis de découvrir
qu'il était très avantageux d'engager la discussion avec le secteur bénévole
pour examiner les nombreuses facettes de leurs relations, et leur fonctionnement
De fait, les avantages dont ils n'avaient pas pris conscience sont nés
autant de ces discussions que de l'échange d'informations et des réunions
annuelles publiques où les participants doivent rendre des comptes, prendre
la mesure du fonctionnement de relations entre le gouvernement et le secteur
bénévole, être ouverts et faire preuve de transparence et, enfin, reconnaître
ce qui ne marche pas et ce qui fonctionne.
Dans un sens, ce modèle nous a guidés. Mais nous avons aussi des modèles
au Canada ainsi que des projets que beaucoup d'entre vous présents dans
cette salle connaissent. Aussi bien à Terre-Neuve où l'on est en train
de mettre au point un genre de contrat que dans la province de Québec
où l'on intègre le milieu communautaire en tant que partenaire essentiel
dans la planification et l'application de mesures de développement social
et économique.
En effet, le groupe d'experts Broadbent a recommandé l'élaboration d'un
pacte concerté ou d'un Accord conjoint de quelque sorte, c'est-à-dire
d'un document qui servirait de cadre de référence. Ce document a pris
la forme du Rapport Broadbent publié en août 1999 dans lequel étaient
décrits certains éléments à intégrer à un Accord conjoint. C'est ainsi
qu'en octobre 2000 une Table conjointe a été mise sur pied. Nous nous
sommes donc réunis bien des fois, et je vous dirais que ceux d'entre nous
qui ont participé à la Table conjointe ont trouvé l'expérience extrêmement
stimulante et parfois extraordinaire -- extraordinairement amusante --
sans compter que ce fut une grande expérience d'apprentissage de s'asseoir
et de vraiment parler de sujets comme les valeurs, les principes et les
engagements. Que voulions-nous dire quand nous parlions dans une perspective
gouvernementale et qu'est-ce que les représentants communautaires assis
à la même table voulaient dire quand ils utilisaient ces mots dans leur
perspective? Et vous-mêmes, il vous arrive de participer à de multiples
réunions où vous essayez de vous entendre sur quelque chose d'aussi simple
qu'un paragraphe dans un texte. Mais imaginez à quel point cela devient
difficile quand vous commencez par dire " Je pense que je ne comprends
pas ce que vous voulez dire quand vous utilisez ce mot! ".
Nous nous sommes donc heurtés à des obstacles, et il nous a fallu tout
ce temps depuis le mois d'octobre pour en arriver à ce document. Inutile
de dire qu'aucun d'entre nous n'affirmerait que nous avons le document
parfait. Nous avons fait quelques essais, nous en avons discuté et nous
avons reçu de la rétroaction. En outre, des consultations sont en cours.
Ce que nous voulons accomplir aujourd'hui, c'est, en partie, d'enclencher
la discussion avec vous et d'espérer que le bref aperçu que je vous en
donnerai vous permettra d'y réfléchir dans un contexte de services d'aide
à l'établissement. Le travail que vous faites est intimement lié à celui
des fonctionnaires gouvernementaux. La relation que vous entretenez avec
le gouvernement remonte à des nombreuses années : souvent il s'agit d'un
accord de contribution ou bien d'une forme de relation contractuelle.
Cependant, vous avez tous connu des frustrations et des satisfactions
dans vos efforts pour établir une relation avec le gouvernement. Vous
savez tous aussi que certains aspects pourraient être améliorés et que
certains autres sont une réussite totale. De fait, je dirais que la planification
de cette conférence en tant qu'entreprise commune a été une belle réussite.
Aussi, quand nous nous sommes assis autour de la même table, nous voulions
en arriver à un cadre global qui permettrait aux gens de dire : " Au cours
des prochaines années, si j'examine ma relation gouvernement-secteur bénévole,
disons à Moose Jaw, et que j'essaie d'avoir un impact par rapport au travail
que je fais dans une perspective de politique publique ou même de modification
d'un concept du programme, et en regardant ce qui se produit dans ma réalité
et en examinant ce document cadre, cet accord conjoint conclu en 2002,
il se peut que je puisse dire que ce qui se produit ici n'est pas fidèle
à l'idéal, aux principes et aux valeurs exprimés dans ce document. Alors
je pense que nous disposons d'un critère pour évaluer notre travail et
que nous devons nous asseoir et parler des raisons pour lesquelles nous
ratons la cible pour ce qui est des interactions que nous avons dans la
collectivité et par rapport à notre programme."
Et je pense que les possibilités d'un Accord conjoint nous donneront
la capacité de nous reporter à un outil que nous devrons réviser à intervalles
réguliers -- lors d'une rencontre annuelle ou d'une autre façon -- afin
de dire " Si nous avons ce document, que signifie-t-il pour nous? Lui
avons-nous été fidèles au cours de la dernière année? Y a-t-il des aspects
qui clochent? Y a-t-il des aspects que nous devons améliorer? ".
Les cahiers de consultation sont déjà disponibles, et je sais que des
exemplaires de l'Accord lui-même se trouvaient sur les tables à l'extérieur.
Vous disposez également d'un bref résumé dans vos pochettes d'information.
Les cahiers de consultation sont l'élément clé d'une série de consultations
en cours actuellement au pays, consultations organisées conjointement
encore une fois avec des groupes désignés par le Groupe de travail sur
le secteur bénévole et communautaire et des représentants du secteur.
Et dans les cahiers, on vous demande de nous faire part de vos idées,
de vos commentaires et de nous dire ce que vous pensez.
Permettez-moi d'aborder brièvement certaines parties de l'Accord. Essayons
d'abord d'énoncer un ensemble de valeurs communes qui guident notre relation.
Il est facile de souscrire à certaines d'entre elles : la démocratie,
la participation civique, la justice sociale et l'inclusion. Nous avons
essayé de les définir en fonction de nos perspectives particulières. Quand
vous les regardez, vous y voyez le respect de la diversité, le concept
de l'engagement civique, vous y voyez le genre de principes qui sont énoncés
dans la Charte des droits et libertés et dans la Déclaration universelle
des droits de l'homme des Nations Unies et vous y voyez également la liberté
d'association et d'expression surtout en ce qui a trait à la défense des
droits.
Toute une section est consacrée aux principes. Et ici il est tellement
important pour nous de comprendre que l'essence même de notre relation
repose sur le principe de l'indépendance : l'indépendance du secteur --
le secteur bénévole et communautaire -- et de l'interdépendance avec le
gouvernement. Ces deux aspects doivent être intégrés dans l'Accord en
tant que principes et ils doivent nous être favorables et non le contraire.
Je pense que Tim Owen va aborder certaines clauses de l'Accord qui font
l'objet d'un examen particulier de la part du secteur et qui de fait ont
causé le plus d'ennuis quand nous avons essayé de négocier les termes
à utiliser pour la rédaction de l'Accord.
L'un des principes concernant l'indépendance et l'interdépendance touche
directement au fait que la défense des droits ou la contestation de la
part du secteur bénévole et communautaire ne doit pas et ne devrait pas
avoir de répercussions sur la relation de financement. Je sais que c'est
un aspect qui vous intéressera au plus haut point et que vous voudrez
savoir ce que çà veut dire et quelles ont été nos réflexions à ce sujet.
D'autres principes? Le dialogue. Il se peut que nous ne soyons pas toujours
d'accord, et il se peut même que nous soyons en fort désaccord, mais nous
pouvons dialoguer. Il y a aussi la coopération, la collaboration et le
principe de la responsabilité ou de l'obligation de rendre compte, toutes
ces choses dont nous devons parler à partir de notre propre perspective.
J'aborderai plus rapidement la section qui concerne les engagements à
passer à l'action. Lisez attentivement cette section parce qu'elle traite
des engagements communs, des engagements du gouvernement du Canada et
des engagements du secteur bénévole et communautaire. Quand vous examinez
l'Accord, je vous demanderais de le faire avec une certaine ouverture
d'esprit pour voir s'il vous sera utile dans le groupe où vous siégez,
à l'endroit où vous vivez et travaillez. Nous voulons bâtir la confiance.
Nous voulons écouter ce que chacun a à dire. Nous voulons comprendre les
réalités de chacun. C'est peut-être une partie du monde que nous partageons.
Est-ce que l'Accord vous pousse à agir? Est-ce qu'il vous aide quand vous
songez à des problèmes d'orientation, des problèmes de financement, de
collaboration et de modification des réalités du programme? S'il ne vous
aide pas, dites-nous comment il devrait vous aider. Si vous pensez que
l'Accord est utile, faites-nous part de vos commentaires. Dites-nous comment
nous pouvons le rendre plus utile pour vous. C'est un outil, il deviendra
ce que vous voudrez qu'il devienne et il sera utile uniquement si vous
l'adoptez et l'utilisez au mieux.
Merci beaucoup. Tim et moi serons heureux de répondre à vos questions.
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